Le Sénégal a empoché la plus grosse prime de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations. Vainqueur en 2025, le pays a reçu 11,6 millions de dollars (plus de 7 milliards de francs CFA) de la CAF. Un pactole historique qui, avec les droits TV et les qualifications au Mondial, porte les recettes de la Fédération sénégalaise de football (FSF) à 25–30 millions de dollars (15 à 18 milliards FCFA) en six mois.
Mais cette manne record contraste avec la réalité : les joueurs de l’équipe nationale attendent toujours leurs primes, plusieurs mois après le sacre. Aucun audit public n’a expliqué l’utilisation des fonds, plongeant la FSF dans une opacité totale.
Pendant la CAN 2025 au Maroc, la fédération a invité plus de 120 personnes tous frais payés, dont 17 marabouts selon des révélations. Billets d’avion, hôtels, per diem : tout a été pris en charge. Dans le même temps, les athlètes qui ont défendu les couleurs du Sénégal n’ont pas reçu un centime de leurs bonus, malgré les engagements de l’instance.
Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw, qui réclamait une augmentation de salaire et le paiement de ses arriérés, a été mis à pied par la FSF. La Confédération africaine de football (CAF) l’a suspendu pour cinq matchs et lui a infligé une amende de 60 millions de francs CFA. La FSF, elle, a écopé de 615 000 dollars d’amendes pour des incidents lors de la finale. Ces sanctions ont été réglées, contrairement aux dettes envers le staff et les joueurs.
Les conséquences sportives sont palpables : quatre défaites en six matchs amicaux, contre la France, la Belgique et les États-Unis. Seule une victoire 5-0 contre l’Irak et un nul contre l’Arabie Saoudite ont permis d’éviter le zéro pointé. Le chaos administratif pèse sur le terrain.
D’après RFI Info, la suspension de Thiaw fait suite à sa dénonciation publique du non-paiement des salaires et primes.
