Palestine : des eurodéputés alertent sur le plan d’Israël et exigent l’activation de ces deux leviers de sanction

Un groupe de parlementaires européens a officiellement interpellé la présidence du Parlement et les chefs de groupes politiques pour imposer un débat urgent sur la situation en Palestine lors de la prochaine session plénière. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Bruxelles, ces élus issus de différentes sensibilités politiques ont tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation continue dans les territoires occupés.

Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, l’inquiétude majeure de ces parlementaires porte sur une potentielle instrumentalisation des tensions régionales. Lynn Boylan, présidente de la délégation pour les relations avec la Palestine, a averti que les affrontements avec l’Iran pourraient servir de « prétexte » à Israël pour intensifier son occupation et étendre son système d’apartheid. L’élue du groupe de la Gauche a notamment pointé du doigt l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie, la violence croissante des colons bénéficiant du soutien de l’État israélien, ainsi que les réformes législatives menaçant les droits fonciers palestiniens.

Face à ces violations persistantes des principes de l’Union européenne, les députés ont mis sur la table deux mesures coercitives précises : la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, couplée à l’instauration d’un embargo réciproque sur les armes.

Cet appel à l’action est soutenu au-delà des clivages habituels de l’hémicycle. Cecilia Strada, représentante de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, a exhorté le Parlement à accentuer la pression face à l’inaction de la Commission européenne. Évoquant les projets d’annexion, le projet de loi sur la peine de mort en discussion en Israël et les restrictions imposées aux ONG, elle a rappelé le rôle fondamental de son institution : « Nous sommes les gardiens de la Commission. Si nous renonçons à notre rôle de gardiens, nous abandonnons notre mission de parlementaires et nous trahissons nos électeurs ».

La dimension humanitaire et le respect du droit international restent au centre des revendications. Barry Andrews, du groupe Renew, a qualifié la situation à Gaza au cours des deux dernières années et demie de « pire exemple de violations du droit humanitaire international que nous ayons vues depuis des décennies ».

De son côté, l’élue écologiste espagnole Ana Miranda Paz a exigé un accès sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza, tout en fustigeant les « standards différents » appliqués par l’institution européenne. Elle a notamment déploré qu’au cours des dernières années, aucune minute de silence n’ait été observée au sein du Parlement pour les plus de 80 000 Palestiniens tués.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire