Palestine : À Munich, la ministre désigne le facteur précis qui rend la paix avec Israël « impossible »

La Conférence de Munich sur la sécurité a servi de tribune à une mise au point diplomatique sans équivoque concernant le conflit au Proche-Orient. Alors que les discussions internationales tentent de dessiner une issue à la crise, la ministre d’État palestinienne aux Affaires étrangères, Varsen Aghabekian Shaheen, a profité de sa présence en Allemagne pour dresser un constat d’échec des mécanismes actuels. Dans un entretien accordé à Anadolu, la diplomate a écarté toute perspective de normalisation tant qu’une dynamique spécifique, qu’elle juge destructrice, continue d’être alimentée par Tel-Aviv.

**Une impasse diplomatique actée**

Pour la représentante de l’Autorité palestinienne, l’équation est désormais claire : la poursuite des politiques actuelles ferme hermétiquement la porte à toute solution négociée. Varsen Aghabekian Shaheen a affirmé que « la paix avec Israël, dans des conditions de violations constantes des droits palestiniens, n’est pas possible ».

Au cœur de ce blocage, la ministre pointe les mesures unilatérales appliquées en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. L’extension et la légalisation des colonies sont décrites non seulement comme des freins politiques, mais comme des actes juridiquement nuls. « Tout ce qu’Israël entreprend unilatéralement dans les territoires occupés doit être considéré comme nul et non avenu », a-t-elle martelé, qualifiant l’annexion de « crime qui doit être stoppé » au regard du droit international.

**Les conditions du cessez-le-feu à Gaza**

Au-delà du processus de paix global, la situation immédiate à Gaza a fait l’objet d’une analyse technique concernant les étapes du cessez-le-feu. La diplomatie palestinienne met en garde contre un passage précipité à la « phase deux » — celle de la reconstruction — alors que les engagements de la première phase ne sont pas, selon elle, honorés.

Si la première étape a permis un échange de prisonniers, la ministre déplore l’absence d’un arrêt total des hostilités. « Il s’agit d’un cessez-le-feu partiel. L’aide humanitaire n’entre pas à la hauteur des besoins », a-t-elle précisé, soulignant que le point de passage de Rafah ne fonctionne que de manière restreinte. Pour Ramallah, la transition vers la reconstruction est conditionnée au respect strict des obligations initiales.

**Appel à la responsabilité internationale**

Face à ce qu’elle qualifie de « mesures coloniales annexionnistes », Varsen Aghabekian Shaheen exhorte la communauté internationale à sortir des déclarations d’intention pour appliquer fermement les résolutions de l’ONU et les décisions de la Cour internationale de Justice.

Interrogée sur la position de pays comme l’Allemagne ou la Finlande, la ministre a renvoyé ces États à leur propre logique : soutenir la solution à deux États implique, selon elle, une reconnaissance officielle de la Palestine. Elle a par ailleurs salué le rôle de la Turquie, qualifiée d’acteur clé pour son aide humanitaire et ses efforts de réconciliation dans la région.

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