Me Pape Djibril Kanté insiste sur la nécessité de privilégier les négociations internes pour la reddition des comptes. L’avocat sénégalo-canadien a exprimé cette conviction lors de son passage à l’émission Objection sur la radio SudFm.
La reddition des comptes, initiée par les nouvelles autorités, suscite des réactions variées. Anciens dignitaires, comme l’ancien ministre des Forces armées, Me Oumar Youm, ont exprimé leurs préoccupations, évoquant le risque d’une ‘chasse aux sorcières’. Me Pape Djibril Kanté estime que cette panique découle d’une période prolongée où les gestionnaires publics ne se sentaient pas contraints de rendre des comptes, souvent couverts par le président en échange de faveurs politiques.
Les nouvelles autorités adoptent une philosophie différente de la bonne gouvernance, ce qui explique, selon Me Kanté, la fébrilité des anciens gestionnaires face à la perspective de rendre des comptes. Il juge cependant ce processus normal et sans motif de panique.
En ce qui concerne la démarche des nouvelles autorités pour récupérer les dépenses non justifiées, Me Kanté préconise des négociations internes. En général, les négociations sont privilégiées pour éviter les procès, sauf en cas de mauvaise foi des personnes concernées où les recours civils ou pénaux peuvent être envisagés. Dans le monde des affaires, les négociations discrètes sont souvent la voie privilégiée pour résoudre ces questions.
Enfin, concernant le rôle du système judiciaire, Me Kanté a rappelé l’importance de maintenir l’impartialité afin d’éviter toute ingérence politico-religieuse. Il approuve les efforts des nouvelles autorités pour réformer et ajuster le système judiciaire afin d’éviter l’impression d’une chasse aux sorcières.