Myanmar : la peine qu’Aung San Suu Kyi doit encore purger après la réduction générale

Au Myanmar, le président Min Aung Hlaing a ordonné une réduction générale des peines de prison d’un sixième à l’occasion d’un jour férié public, une mesure qui concerne notamment l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi. Le dispositif a été annoncé jeudi dans un communiqué du bureau présidentiel.

D’après Al Jazeera, cette décision s’inscrit dans la pratique des amnisties accordées lors de certaines dates symboliques, comme la fête de l’Indépendance en janvier ou le Nouvel An birman en avril. Plus tôt ce mois-ci, Min Aung Hlaing avait déjà accordé une réduction similaire dans le cadre d’une amnistie touchant 4 335 prisonniers.

Selon un membre de l’équipe juridique d’Aung San Suu Kyi, cité anonymement par l’agence Reuters, l’ancienne cheffe du gouvernement, âgée de 80 ans, devrait désormais purger environ 18 ans de prison. Emprisonnée depuis le coup d’État militaire de 2021, elle purgeait une peine de 33 ans, ensuite ramenée à 27 ans, sur la base d’accusations que ses alliés qualifient de politiquement motivées.

Aung San Suu Kyi demeure une personnalité très populaire dans le pays, mais elle est détenue dans des conditions de communication très limitées. Sa famille a fait état d’une dégradation de son état de santé. Lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, elle n’avait pas reçu cette distinction en personne par crainte de ne pas pouvoir revenir au Myanmar, où elle était devenue une figure de la contestation non violente.

Comme l’indique Al Jazeera, cette nouvelle réduction de peine intervient dans un contexte politique toujours marqué par la guerre civile et la répression. En janvier, le principal parti pro-militaire, l’Union Solidarity and Development Party (USDP), a revendiqué une large victoire lors d’élections générales organisées en trois phases. Le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a été dissous avec des dizaines d’autres formations, tandis que certaines ont refusé de participer au scrutin.

Lors de son discours d’investiture plus tôt ce mois-ci, Min Aung Hlaing a déclaré que le Myanmar était revenu « sur la voie de la démocratie » tout en reconnaissant l’existence de nombreux défis. Le bureau des droits humains de l’ONU a, pour sa part, affirmé que de larges pans de la population, y compris des minorités comme les Rohingyas, avaient été exclus du vote. L’Assistance Association for Political Prisoners a indiqué que plus de 30 000 personnes avaient été emprisonnées pour des motifs politiques depuis le coup d’État de 2021.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Un commentaire

  1. Cette femme ne mérite plus notre sympathie.
    Quand elle était au pouvoir elle a fermé les yeux sur le massacre contre son propre peuple parce qu’ils étaient des musulmans rohingyas.
    En ce moment elle mérite prix Nobel de la honte et du mépris.

Laisser un commentaire