Moustapha Diop, manager du sport : « L’État ne peut pas dissoudre la FSF sans s’exposer à une suspension de la FIFA »

Le débat sur l’avenir de la Fédération sénégalaise de football (FSF) continue d’alimenter les discussions. Dans une publication, exploitée par Senego, le manager du sport et consultant en management du sport, Moustapha Diop, a tenu à rappeler le cadre réglementaire fixé par la FIFA en matière de gouvernance des fédérations nationales.

Selon lui, un État ne peut pas dissoudre unilatéralement une fédération nationale de football sans s’exposer à une suspension immédiate de la FIFA. Il souligne que les Statuts de l’instance mondiale interdisent toute ingérence gouvernementale afin de préserver l’indépendance des associations membres.

« Un État ne peut unilatéralement dissoudre une fédération nationale de football sans risquer une suspension immédiate de la FIFA », écrit-il, précisant que toute dissolution décidée par décret présidentiel ou ministériel et visant à remplacer les dirigeants de la fédération par une structure étatique serait considérée comme une ingérence politique.

D’après Moustapha Diop, une telle décision entraînerait des conséquences lourdes pour le pays concerné. La FIFA pourrait suspendre immédiatement l’association membre, privant ainsi les équipes nationales et les clubs de toute participation aux compétitions internationales, qu’il s’agisse des éliminatoires de la Coupe du monde, de la Coupe d’Afrique des nations ou d’autres tournois officiels. Une suspension s’accompagnerait également de la perte des financements accordés par l’instance internationale.

Le consultant explique toutefois qu’il existe une voie reconnue par les règlements de la FIFA pour restructurer une fédération confrontée à une crise institutionnelle ou à de graves dysfonctionnements. Cette solution repose sur une collaboration avec la FIFA et la Confédération africaine de football (CAF), pouvant aboutir à la mise en place d’un Comité de normalisation.

Selon lui, la première étape consiste pour le gouvernement ou les acteurs du football à saisir officiellement la FIFA en présentant des éléments attestant d’éventuelles irrégularités, d’une mauvaise gestion ou de violations des textes régissant la fédération.

Après examen de la situation, la FIFA peut, si elle estime la crise suffisamment grave, décider en concertation avec la CAF de révoquer les dirigeants en place et d’installer un Comité de normalisation. Cette structure provisoire est alors chargée d’assurer la gestion des affaires courantes, de superviser les équipes nationales, de réviser les statuts de la fédération si nécessaire et d’organiser de nouvelles élections dans un délai déterminé.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

2 commentaires

  1. Vu qu’il  » existe une voie reconnue par les règlements de la FIFA pour restructurer une fédération confrontée à une crise institutionnelle ou à de graves dysfonctionnements » empruntons cette voie et arrêtons le bavardage inutile. On s’est déjà assez ridiculisé. Ne nous enfonçons pas.

  2. CRISE FSF : L’État peut-il dissoudre la Fédération ?
    ​Vouloir dissoudre directement la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) par décret est une fausse bonne idée : cela déclencherait un bannissement immédiat du Sénégal par la FIFA pour ingérence politique.
    ​Pourtant, l’État n’est pas impuissant. Voici ses véritables leviers :
    ​Ce que l’État PEUT faire (La pression indirecte)
    ​Le portefeuille : Suspendre les subventions publiques pour asphyxier financièrement la FSF.
    ​Les audits : Envoyer les corps de contrôle de l’État (comme l’IGE) fouiller les comptes en cas de soupçons de malversations.
    ​La discipline : Imposer des restrictions administratives, à l’image du récent blocus médiatique imposé par le ministère des Sports.
    ​La seule sortie légale : Le Comité de Normalisation
    Pour nettoyer la fédération sans pénaliser les Lions de la Téranga, l’État doit pousser la FIFA à intervenir. En cas de crise de gouvernance majeure, la FIFA peut suspendre la direction actuelle et installer un comité provisoire indépendant chargé d’auditer les comptes, de réécrire les statuts et d’organiser de nouvelles élections.
    ​En bref : L’État ne peut pas chasser frontalement les dirigeants de la FSF, mais il a le pouvoir juridique et financier de les acculer à la démission pour forcer une refonte totale de notre football.

Laisser un commentaire