Le conflit qui oppose Moscou à Kiev pourrait connaître une évolution diplomatique majeure sur la question de la gouvernance future. Alors que les positions semblaient figées, la diplomatie russe vient d’ouvrir la porte à une solution institutionnelle transitoire pour l’Ukraine, inspirée de modèles déjà appliqués dans d’autres zones de conflit par le passé.
C’est une déclaration qui tranche avec la rhétorique habituelle du Kremlin. Selon nos informations, reprises par l’agence Anadolu, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, a affirmé que la Russie est disposée à discuter de l’instauration d’une « administration extérieure temporaire » en Ukraine. Cette tutelle serait placée directement sous la supervision des Nations unies.
Pour Moscou, cette option n’est pas une fin en soi, mais un mécanisme technique visant un objectif précis : l’organisation d’élections jugées démocratiques et la conclusion d’un traité de paix formel. Le diplomate russe soutient que l’ONU possède l’expertise nécessaire pour mener à bien ce type de mission. À l’appui de cette proposition, il cite des précédents historiques où des administrations transitoires onusiennes ont été déployées, notamment en Slavonie orientale, au Timor oriental ou au Cambodge.
La mise en œuvre d’un tel dispositif nécessiterait d’abord un accord de principe entre les belligérants, avant que le contenu spécifique et le calendrier ne soient négociés. Mikhaïl Galouzine assure même que la Russie serait prête à garantir l’absence de frappes militaires le jour du scrutin, si celui-ci venait à être organisé sous ce format.
Si la porte est ouverte à l’ONU et aux discussions avec les États-Unis, elle semble fermée à l’Union européenne. Le vice-ministre a rejeté toute participation de Bruxelles au règlement du conflit, estimant que l’Europe s’est « privée d’une place à la table des négociations » en raison de son « parti pris idéologique ». Les responsables russes jugent les représentants européens incapables de négocier autrement que par des ultimatums.
Cette proposition intervient dans un climat de méfiance absolue. Kiev a par le passé catégoriquement rejeté toute idée de contrôle extérieur. De plus, Moscou continue de contester la légitimité du président Volodymyr Zelensky depuis l’expiration de son mandat en mai 2024. Les prochaines discussions diplomatiques, prévues les 17 et 18 février à Genève, réuniront la Russie, les États-Unis et l’Ukraine dans un format trilatéral, loin des caméras, les parties ayant convenu de travailler « sans fuites ».