Mort d’Abdoulaye Bâ : L’autopsie révèle des lésions spécifiques qui bloquent le retour en amphithéâtre

La tension ne retombe pas à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Alors que le Conseil académique a ordonné la suspension des amicales d’étudiants pour rétablir l’ordre, l’Amicale de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) oppose une fin de non-recevoir à cette mesure. Au-delà de la bataille administrative, c’est la publication d’éléments médicaux concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ qui durcit le bras de fer.

Dans un communiqué relayé par Sud Quotidien, les représentants des étudiants en médecine contestent la légalité même de la dissolution de leur structure. Ils s’appuient sur le décret n°68-860 du 24 juillet 1968 pour affirmer que leur organisation est la « seule structure légalement chargée de la défense des étudiants » de leur faculté. Pour l’Amicale, la décision des autorités universitaires est non seulement « arbitraire », mais constitue une atteinte directe à la liberté d’association au sein du campus.

**Une divergence sur la qualification des violences**

Le point de rupture se situe cependant sur la lecture des événements ayant conduit aux affrontements. L’Amicale rejette catégoriquement l’expression « attaque des FDS » utilisée par l’administration, qui suggèrerait une offensive contre les forces de l’ordre. Selon l’organisation, les preuves vidéo disponibles démontrent une dynamique inverse, qualifiée d’attaque ciblant directement les étudiants.

Cette guerre des récits est alimentée par des données techniques précises. L’autopsie réalisée sur le corps du défunt Abdoulaye Bâ, effectuée par des professionnels assermentés, fait état de « polytraumatismes graves ». Ce constat médical, mis en avant par l’Amicale, contredit la thèse d’un accident isolé et renforce, aux yeux des étudiants, la nécessité d’une enquête criminelle approfondie pour situer les responsabilités.

**Le dialogue présidentiel comme préalable**

Face à ces éléments, la FMPO conditionne toute reprise des enseignements à des garanties judiciaires et sécuritaires. L’organisation estime que le retour dans les amphithéâtres est impossible sans que la lumière soit faite sur les circonstances du décès de leur camarade.

L’Amicale appelle désormais à l’intervention du sommet de l’État. Elle invite le Président de la République à engager un dialogue direct avec la communauté estudiantine, considérant que la « reprise précipitée » voulue par le rectorat ne peut se faire au détriment de l’exigence de vérité et de justice.

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