L’équipe de France s’envole ce mercredi pour les États-Unis avec le statut de prétendante au titre mondial. Sur le terrain, les Bleus espèrent entrer dans cette Coupe du monde 2026 de la meilleure des manières, face au Sénégal le mardi 16 juin à 21h. Mais avant de penser au sportif, il faudra déjà réussir à entrer sur le sol américain sans encombre, après ce qu’ont vécu certaines sélections ces dernières heures.
Une arrivée sous surveillance
Les Bleus débarqueront ce soir aux alentours de 20 heures (heure française) à l’aéroport international de Boston et devront passer les contrôles menés directement sur le tarmac. Une façon de faire inhabituelle lors des grandes compétitions, où d’ordinaire les délégations sont accueillies dans la joie. Mais cette fois, le contexte est tendu : fouilles au corps, documents scrutés durant de longues minutes, interrogatoires prolongés. Des vérifications qui font polémique, alors que Washington justifie ces mesures par des impératifs de sécurité. Pourtant, un détail est souvent oublié : le pays hôte garde toujours le contrôle de ses frontières, et un billet, une accréditation ou un visa ne suppriment pas le pouvoir des autorités migratoires.
La sélection ouzbèke, qualifiée pour la première fois, a connu un accueil plutôt honteux, selon une vidéo publiée par ESPN : à leur descente du bus, les joueurs ont dû vider leurs poches et ouvrir leurs bagages, fouillés avec un détecteur de métaux et contrôlés par des chiens renifleurs. Le Sénégal, premier adversaire des Bleus, arrivé lundi, a aussi été soumis à des contrôles poussés : le milieu de terrain Pathé Ciss s’est assis sur une chaise au milieu du tarmac et a été fouillé de la tête aux pieds, tandis que le sélectionneur Pape Thiaw subissait le même sort.
L’Iran figure parmi les pays les plus touchés : quatorze à quinze membres de l’encadrement se sont vu refuser l’entrée sur le territoire américain. Téhéran a dénoncé un « traitement discriminatoire » et a saisi la FIFA. Le symbole le plus frappant reste l’affaire Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien élu meilleur arbitre africain en 2025, refoulé à Miami malgré un visa valide après onze heures d’interrogatoire. « Je suis simplement un arbitre qui essaie de vivre son rêve », a-t-il déclaré au New York Times, une information relayée par Sudradio.
Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte plus large : depuis le 20 août 2025, le programme pilote ‘Visa Bond’ exige une caution remboursable jusqu’à 15 000 dollars pour certains demandeurs de visa B-1/B-2, notamment en Algérie, au Sénégal et au Cap-Vert. Par ailleurs, le gel des visas pour 75 pays, dont l’Iran, Haïti, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, inquiète les supporters étrangers, malgré une procédure accélérée mise en place sans garantir un passage serein à l’arrivée.
