L’organisation de la Coupe du monde 2026 fait face à une offensive juridique sur le continent européen. Les modalités d’attribution et les tarifs des tickets d’entrée pour la compétition suscitent une levée de boucliers qui se déplace désormais sur le terrain du droit de la concurrence.
Selon les informations rapportées par IGFM, l’association Football Supporters Europe (FSE) et l’organisation Euroconsumers ont déposé une plainte officielle auprès de la Commission européenne. Ces entités accusent la Fifa d’avoir abusé de sa position de monopole sur le marché de la billetterie pour imposer aux supporters des conditions qu’elles estiment inacceptables dans un environnement concurrentiel normal.
Au cœur de cette procédure se trouve l’application d’une « tarification dynamique incontrôlée ». Les plaignants relèvent six abus spécifiques, documentant une hausse marquée des coûts. Les données fournies dans la plainte indiquent que les billets les moins chers pour la finale débutent actuellement à 4 185 dollars (environ 3 609 euros), un montant plus de sept fois supérieur à celui pratiqué lors de l’édition 2022 au Qatar. Les associations pointent également du doigt une « publicité appât » concernant des billets d’appel à 60 dollars pour la phase de groupes, lesquels se sont retrouvés pratiquement épuisés avant même l’ouverture des ventes au grand public.
Les règles encadrant ces achats sont par ailleurs qualifiées d’opaques. FSE et Euroconsumers soulignent que l’emplacement exact des sièges, les plans des stades et l’identité des équipes ne sont pas garantis au moment de la transaction. S’y ajoute la perception par la Fifa d’une commission de 15 % sur l’éventuelle revente des tickets. Face à cette configuration, les deux organisations demandent à la Commission européenne d’ordonner l’abandon de la tarification dynamique, le gel des prix pour la prochaine phase de vente prévue en avril, et la publication du volume de billets restants au moins 48 heures avant l’ouverture des guichets virtuels.
Du côté de l’instance dirigeante du football mondial, la politique tarifaire est justifiée par la loi de l’offre et de la demande. Contactée par l’AFP, la Fifa affirme que ses revenus sont réinvestis pour stimuler la croissance du football, toutes catégories confondues, à travers ses 211 fédérations membres. Le président de l’institution, Gianni Infantino, a récemment mis en avant l’ampleur de l’engouement, évoquant 508 millions de demandes enregistrées en quatre semaines pour un stock d’environ sept millions de billets. Une affluence qu’il a comparée à l’organisation de « 104 éditions du Super Bowl » en un mois, assumant l’impact direct de ce volume de requêtes sur la grille tarifaire finale.