Mobile money : Le PI-SPI bouscule Wave, Orange Money et les petites fintech

La mise en service de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) dans l’espace UEMOA ouvre une nouvelle ère pour les transactions financières numériques. Mais derrière les avantages annoncés, notamment la rapidité des transferts et l’interopérabilité entre opérateurs, de nouvelles interrogations émergent au Sénégal. Les frais applicables au-delà de 8 000 FCFA de transactions cumulées par jour, les coûts de retrait et les conséquences pour les fintech préoccupent les acteurs du secteur.

Dans un reportage diffusé par la RTS, le spécialiste; Souleymane Astou Diagne, économiste, maitre de conférence à l’Université Alioune Diop de Bambey, explique que le PI-SPI vient mettre fin au cloisonnement des réseaux de paiement mobile. Jusqu’ici, les transferts entre deux opérateurs différents, par exemple Wave et Orange Money, nécessitaient souvent un retrait suivi d’un nouveau dépôt auprès de l’autre opérateur.

Avec la nouvelle plateforme, cette contrainte disparaît. Les opérateurs de mobile money, les banques et les institutions de microfinance sont désormais connectés à un même dispositif centralisé, permettant des transferts directs entre différents réseaux.

« On n’a plus besoin de faire des retraits pour aller déposer. Maintenant, les transactions peuvent se faire naturellement », explique l’universitaire.

Le dispositif présente ainsi plusieurs avantages : rapidité des transferts, simplicité d’utilisation, meilleure traçabilité des opérations et renforcement de l’inclusion financière.

Il pourrait également contribuer à réduire la circulation du cash et permettre aux États de disposer d’une meilleure visibilité sur les flux financiers numériques.

Des conséquences sur les opérateurs et les fintech

Toutefois, cette nouvelle architecture pourrait bouleverser les modèles économiques de certains acteurs du mobile money. Le seuil de 8 000 FCFA de transactions cumulées sur une journée, au-delà duquel des frais peuvent s’appliquer, suscite notamment des interrogations.

Les opérateurs comme Wave, Orange Money et Mixx by Yas pourraient voir leurs habitudes commerciales évoluer, notamment en ce qui concerne les commissions sur les transferts et les frais de retrait.

Selon l’analyse, les petites fintech pourraient être les plus exposées. Celles qui ont investi dans les services d’agrégation et les plateformes d’interopérabilité risquent de perdre une partie de leur avantage concurrentiel avec l’arrivée d’une infrastructure commune à l’échelle communautaire.

Les risques de panne et de cyberattaque

Malgré les perspectives offertes par le PI-SPI, des risques subsistent. La sécurité du système, les éventuelles interruptions de service et la capacité des utilisateurs à maîtriser les outils numériques figurent parmi les principales préoccupations.

« Pour moi, le risque le plus important, c’est le risque de panne, le risque cyber », alerte l’économiste, qui insiste également sur les compétences numériques nécessaires pour utiliser efficacement la plateforme.

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