C’est un avertissement qui va à rebours des espérances diplomatiques habituelles. Alors que la communauté internationale scrute les possibilités d’un cessez-le-feu en Ukraine, l’Alliance atlantique se projette déjà sur la phase suivante avec un pessimisme assumé. Présente à la 62e Conférence de Munich sur la sécurité, la direction de l’OTAN a partagé les conclusions de ses services de renseignement sur la trajectoire militaire de Moscou.
Radmila Shekerinska, secrétaire générale déléguée de l’OTAN, a profité de cette tribune en Allemagne pour livrer une analyse prospective de la menace russe. Contrairement à l’idée qu’une fin des hostilités apporterait une accalmie durable, les rapports internes de l’Alliance décrivent une dynamique inverse.
**Une menace accrue après le silence des armes**
Intervenant lors du panel « Européens, rassemblez-vous », la responsable a été catégorique sur les projections des analystes. Selon les données relayées par l’agence Anadolu, « tous les rapports de renseignement et analyses politiques indiquent que la Russie deviendra encore plus dangereuse après la fin de la guerre ».
Cette évaluation repose sur l’observation de la structure industrielle et militaire russe actuelle. Pour l’Alliance, l’augmentation des capacités de production à Moscou ne répond pas seulement aux besoins immédiats du front ukrainien, mais s’inscrit dans une logique de long terme. Radmila Shekerinska précise que cette évolution confirme que « l’orientation expansionniste de la politique étrangère russe est devenue la norme ».
**L’urgence industrielle avant le sommet d’Ankara**
Face à cet environnement qualifié de « plus complexe et plus conflictuel que jamais », l’OTAN insiste sur la nécessité de combler rapidement les déficits capacitaires. Le constat est sans appel concernant la défense aérienne : la production actuelle est jugée insuffisante « des deux côtés de l’Atlantique ».
Cette problématique sera au cœur du prochain sommet de l’Alliance, prévu en juillet à Ankara. L’objectif affiché est d’adapter les cadres juridiques pour accélérer les procédures de vente et la production d’équipements de défense.
Dans cette optique de renforcement du pilier européen, la secrétaire générale déléguée a tenu à souligner l’apport spécifique de certains membres souvent omis dans les équations purement continentales. Elle a explicitement invité à ne pas oublier les contributions de la Türkiye, du Royaume-Uni et de la Norvège, estimant que « nous avons besoin des atouts de l’OTAN pour obtenir des résultats lorsque cela est nécessaire ».
Des subterfuges pour les va-t-en en guerre en vue d’anéantir le processus de paix en cours