Menacé de frappes par les États-Unis, l’Iran fixe ses conditions avant les pourparlers de Genève

Un nouveau cycle de discussions entre les États-Unis et l’Iran s’annonce sous haute tension. Alors qu’une rencontre est programmée ce jeudi à Genève, le climat est marqué par un renforcement inédit de la présence militaire américaine au Moyen-Orient et de récentes déclarations de la Maison Blanche sur d’éventuelles actions armées.

Face à cette pression militaire et diplomatique, Téhéran a clarifié sa posture. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué lundi que son pays reste disposé à trouver une issue négociée concernant son programme nucléaire, tout en se préparant à une confrontation directe si nécessaire. Selon lui, toute attaque américaine, même limitée, sera considérée comme un « acte d’agression » qui déclenchera une riposte féroce au nom du droit à la légitime défense.

Cette mise au point intervient après une sortie du président américain Donald Trump. Vendredi dernier, ce dernier a affirmé qu’il envisageait une frappe limitée si aucun accord n’était trouvé avec l’Iran. Parallèlement, l’administration américaine a intensifié le déploiement de ses moyens militaires dans la région, une mobilisation décrite comme la plus importante depuis la guerre d’Irak en 2003. Sur la chaîne Fox News, l’émissaire américain Steve Witkoff s’est d’ailleurs étonné que l’Iran n’ait pas « capitulé » face à ce dispositif.

Malgré cette escalade verbale, le canal diplomatique reste actif. Le président iranien Masoud Pezeshkian a évoqué des « signaux encourageants » issus des précédents échanges, tout en soulignant sur le réseau social X que l’Iran est engagé en faveur de la paix et de la stabilité régionale.

Les délégations ont déjà mené un deuxième round de pourparlers indirects en Suisse, sous médiation omanaise, avant de reprendre langue à Oman au début du mois. Pour la rencontre de Genève, la partie iranienne est dirigée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tandis que les États-Unis sont représentés par Steve Witkoff et Jared Kushner.

La diplomatie iranienne a par ailleurs formellement démenti les rumeurs faisant état d’un accord temporaire déjà conclu avec Washington. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, dont les correspondants décrivent une atmosphère de prudence calibrée à Téhéran, les autorités iraniennes excluent toute négociation débutant sous la contrainte. Esmaeil Baghaei a rappelé que les positions de son pays sur l’allègement des sanctions demeurent inchangées, exigeant de la bonne foi et du sérieux de la part des deux camps pour espérer un résultat concret.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire