À Médina Yoro Foulah, dans le quartier Kikala, un nourrisson a survécu à près de 21 heures passées au fond d’une latrine de fortune. L’enfant, un garçon, a été découvert vivant.
Le 20 juin 2026, en soirée, des habitants de la concession de Maodo Baldé ont perçu des pleurs étouffés en provenance des toilettes. Ils sont parvenus à dégager le bébé et l’ont conduit en urgence au district sanitaire de la localité. Selon les informations rapportées par Kawtef, la Brigade de proximité a été alertée vers 21h29.
Les investigations ont rapidement orienté les soupçons vers une jeune femme de 23 ans, célibataire, déjà mère de deux enfants, désignée sous les initiales A.B. D’après les premiers éléments recueillis, elle aurait accouché seule la nuit précédente, vers 22 heures le 19 juin, avant de précipiter volontairement le nouveau-né dans la fosse et de quitter les lieux sans demander d’aide.
Placée en garde à vue, la suspecte a reconnu les faits lors de son audition. Une procédure pour tentative d’infanticide a été engagée. Ce douloureux épisode rappelle un cas similaire survenu en mai 2026 à Dakar, où un bébé avait été extrait vivant des canalisations de toilettes à la Cité Bissap.
L’état de santé du nourrisson n’a pas encore été dévoilé par les autorités sanitaires, qui continuent de le surveiller médicalement. La mise en cause doit être présentée au parquet du Tribunal de grande instance de Kolda.



Allahou Akbar !
Rien qu’à lire ces lignes, un frisson glacial parcourt tout le corps. Nous qui chérissons nos enfants au-delà de tout, nous ne pouvons même pas concevoir l’idée de leur faire du mal.
Pourtant, le contraste est là, abyssal et terrifiant : qu’une mère en arrive à jeter son nouveau-né vivant au fond d’une fosse septique dépasse l’entendement. Aucun mot ne saurait traduire l’effroi et le déchirement que l’on ressent face à un tel acte. On ne peut qu’interroger, avec une douloureuse perplexité, la détresse ou la folie qui a pu traverser l’esprit de cette femme avant de commettre l’irréparable. Ce drame soulève une triple tragédie : celle de l’enfant innocent condamné à l’innommable, celle de la mère brisée et perdue, et celle d’une société qui a failli.
Face à cette horreur, la seule réponse judiciaire ne suffit plus. Cette femme a sans doute moins besoin du couperet de la justice que d’une prise en charge psychiatrique et sociale ciblée. Il s’agit de comprendre pour pouvoir enfin éradiquer ce phénomène qui, tragiquement, tend à se banaliser.
Notre société couve un mal profond, un tabou toxique, et nous devons impérativement briser le silence pour stopper ce cycle infernal. Qu’est-ce qui mène à une telle extrémité ? Le poids d’une grossesse hors mariage, l’horreur d’un inceste, le traumatisme d’un viol ? Quelle qu’en soit la cause, nous avons le devoir d’écouter, de décoder et de soigner, plutôt que d’emprunter l’autoroute stérile de la simple punition.
Face au miroir de ce bébé sacrifié, le diagnostic est sans appel : notre société est profondément malade, et c’est ensemble qu’il faut la guérir.