La condamnation pénale ne suffit pas toujours à empêcher un auteur de profiter du produit d’une infraction. À Dakar, Me Moussa Sarr a présidé l’ouverture d’un atelier consacré à la saisie, à la confiscation et au recouvrement des avoirs criminels.
Organisée à l’hôtel NOOM du 5 au 8 octobre 2026, la rencontre rassemble notamment des magistrats, des enquêteurs, des représentants du Barreau et des acteurs des secteurs bancaire et financier. L’atelier porte sur les étapes qui permettent d’identifier les biens, de les saisir puis d’exécuter une décision de confiscation.
Dans son discours diffusé par Sanslimitesn, le ministre de la Justice souligne que l’enquête patrimoniale doit être engagée en même temps que les premières investigations sur les faits. Il cite les sociétés écrans, les contrats d’assurance-vie et les cryptoactifs parmi les moyens qui peuvent dissimuler un patrimoine, et relève l’importance d’identifier le bénéficiaire effectif.
Le ministre appelle également à associer l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) dès les premières mesures envisagées pour les biens saisis. Un véhicule qui se dégrade ou un immeuble laissé à l’abandon peut perdre de la valeur et léser l’État comme une personne finalement mise hors de cause. La gestion et la valorisation des biens ne sont pas théoriques : en 2025, les 19 ventes publiques organisées par l’ONRAC dans six régions ont rapporté 2,23 milliards de francs CFA. Dakar en a concentré 85 %, soit près de 1,896 milliard, en raison de la valeur plus élevée des biens vendus. À l’inverse, Kédougou a représenté 55 % des lots écoulés, principalement du matériel lié à la lutte contre l’orpaillage clandestin.
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Créé par la loi du 23 juillet 2021, l’ONRAC avait recouvré plus de 50 milliards de francs CFA, selon le discours. En mars 2026, son encours global dépassait également 50 milliards de FCFA et son portefeuille comprenait plus de 13 milliards de saisies bancaires.
La Convention de Vienne sur le trafic de stupéfiants a été adoptée le 20 décembre 1988.



