Mbour : Un procès pour actes contre nature vire au déballage, B. Thiam cite nommément des élus et universitaires

Le tribunal de grande instance de Mbour a été le théâtre d’une audience particulièrement tendue dans une affaire de présumé réseau de prostitution masculine entre Dakar et la Petite-Côte. Le procès, qui s’est tenu ce mardi, a pris une tournure spectaculaire après plusieurs révélations faites à la barre par l’un des prévenus.

Selon L’Observateur, parcouru par Senego, l’affaire remonte au début du mois d’avril, lorsque les enquêteurs de la brigade de recherches de Saly Portudal ont été alertés sur l’existence d’un réseau présumé impliquant des pratiques de prostitution masculine.

Les investigations ont rapidement conduit à l’arrestation de B. Thiam, un mannequin de 20 ans vivant avec le VIH. D’après les enquêteurs, le jeune homme aurait reconnu fréquenter ce milieu depuis son adolescence.

Lors de la perquisition effectuée à son domicile, les gendarmes ont découvert plusieurs accessoires féminins, notamment des perruques, des nuisettes, des sous-vêtements ainsi que des produits lubrifiants. L’exploitation de son téléphone portable aurait également permis de retrouver des vidéos jugées compromettantes par les enquêteurs.

Les investigations ont ensuite conduit à l’interpellation de O. Seck, un agent municipal âgé de 50 ans, également présenté comme porteur du VIH. Les deux hommes ont été placés sous mandat de dépôt.

Mais c’est surtout l’audience devant le tribunal qui a créé l’émoi. À la barre, B. Thiam a multiplié les révélations explosives, citant nommément plusieurs partenaires présumés dont il avait préalablement transmis les numéros de téléphone aux enquêteurs lors de son audition. L’accusé affirme avoir entretenu des relations avec diverses personnalités, parmi lesquelles un célèbre défenseur de la cause LGBT, un enseignant sénégalais établi en Guinée, ainsi que d’autres partenaires présentés comme des élus locaux (dont un adjoint au maire) ou des universitaires.

Face à la gravité des accusations et aux soupçons de mise en danger d’autrui liés à une possible transmission du VIH, le procureur a requis cinq ans de prison contre B. Thiam et dix ans ferme contre O. Seck.

Le ministère public a également demandé l’ouverture d’une information judiciaire complémentaire afin d’approfondir les investigations sur les personnes citées au cours des débats, notamment concernant d’éventuels faits de corruption de mineur.

Après plusieurs heures d’audience, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 19 mai prochain.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire