Lutte anticoloniale : l’arme méconnue d’Aliine Sitoye Jaata au cœur d’un ouvrage inédit présenté au MCN

L’Auditorium Frantz Fanon du Musée des Civilisations Noires (MCN) a abrité, le mercredi 4 mars 2026, la présentation du fruit de deux décennies de recherches consacrées à l’une des figures majeures de l’histoire du Sénégal. L’auteure Odile Tendeng y a dévoilé une dimension inexplorée de la lutte menée par Aliine Sitoye Jaata face à l’administration coloniale.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, la cérémonie s’est déroulée en présence d’universitaires, d’étudiants et de proches de l’écrivaine. Le Directeur général du MCN, Mouhamed Abdallah Ly, a ouvert la rencontre en soulignant la vocation de l’institution à agir comme un espace vivant de débat et de transmission, permettant d’intensifier les activités autour du livre.

L’ouvrage, préfacé par le Professeur Penda Mbow, enseignante-chercheure à la retraite de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), vise à combler un vide éditorial. Dans son intervention, elle a précisé qu’il n’y avait jamais eu de publication dédiée à une femme de cette dimension, n’hésitant pas à comparer sa détermination à celle de Jeanne d’Arc.

L’élément central du livre, intitulé « Aliine Sitoye Jaata, la résistance par le chant », met en lumière l’outil pacifique utilisé par la figure historique de Cabrousse. Odile Tendeng précise que ce travail, nourri par des témoignages directs recueillis auprès de la famille de l’héroïne, s’apparente davantage à un récit sur son cheminement humain qu’à un manuel d’histoire classique. « Le chant adoucit la confrontation. C’est une forme de résistance qui existait bien avant elle et qui a permis de conscientiser le peuple sans prendre les armes », a expliqué l’auteure.

Fatou Sow Sarr, commissaire de la CEDEAO pour le Développement Humain et les Affaires Sociales, a rappelé la puissance de cet héritage laissé par une jeune femme qui, dans la vingtaine, a fait de sa parole une arme contre le colonisateur. Le livre retrace également la déportation de la résistante à Tombouctou, au Mali.

Un exil qui, selon l’auteure, doit servir de socle à une véritable souveraineté mémorielle. « La souveraineté commence par connaître son histoire. Vous ne pouvez pas être souverain en partant de l’histoire de quelqu’un d’autre », a affirmé Odile Tendeng devant le public, insistant sur la nécessité pour les jeunes générations de s’approprier ce pan de l’histoire africaine.

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