Publicité pour forum-paix-secu-dakar

Loi électorale de Donald Trump : le nombre d’Américaines pénalisées par la règle du nom conjugal

Le projet de loi SAVE America Act, vivement défendu par Donald Trump en vue des élections législatives de mi-mandat de novembre, ravive les débats au Congrès américain. Ce texte vise à durcir les conditions d’inscription sur les listes électorales, mais fait face à une opposition démocrate qui dénonce la mise en place de barrières administratives pour une grande part des électeurs légitimes.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la législation adoptée en février par la Chambre des représentants obligerait les électeurs à fournir une preuve de citoyenneté, comme un passeport ou un acte de naissance, au moment de leur inscription. Donald Trump érige cette mesure en priorité absolue pour contrer la fraude électorale et le vote des non-citoyens, bien que l’illégalité de cette pratique soit déjà en vigueur aux États-Unis sous peine de poursuites pour parjure.

Le texte suscite des craintes concernant l’exclusion d’une frange importante de l’électorat. La League of Women Voters estime que 69 millions d’Américaines ne disposent pas d’un accès facile aux documents reliant leur nom légal actuel à celui figurant sur leur acte de naissance. Cette obligation supplémentaire affecterait principalement les femmes ayant changé de patronyme après un mariage, introduisant une difficulté technique dans leur processus d’enregistrement.

Plus largement, une étude menée par plusieurs groupes de surveillance électorale indique qu’environ 9 % des électeurs éligibles, soit 21,3 millions de personnes, n’ont pas un accès direct aux preuves de citoyenneté requises. Les données du système de vérification des services d’immigration (USCIS), examinées par le Bipartisan Policy Center, illustrent la rareté des fraudes avancées pour justifier la loi. Un contrôle exhaustif effectué dans l’Utah sur plus de deux millions d’inscrits n’a par exemple révélé qu’un seul enregistrement de non-citoyen.

Au Sénat, le texte reste actuellement bloqué. Son adoption nécessiterait 60 voix pour contourner la règle de l’obstruction parlementaire (« filibuster »). Face au manque de soutien démocrate, Donald Trump exhorte les dirigeants républicains d’abolir ce mécanisme de vote. Cette manœuvre procédurale reste pour l’heure écartée par les législateurs qui redoutent de perdre ce levier institutionnel s’ils se retrouvent dans la minorité lors des prochains cycles électoraux.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire