« Licence pour torturer » : le rapport présenté à l’ONU sur la Palestine déclenche la riposte d’Israël

Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, un nouveau document vient d’être déposé concernant la situation dans les territoires palestiniens occupés. Les conclusions de ce travail mettent en lumière un système de répression institutionnalisé, suscitant une réaction immédiate et frontale de la représentation diplomatique israélienne.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, a présenté lundi un rapport intitulé « Torture et génocide ». Dans ce document, la responsable onusienne affirme que la torture est « effectivement devenue une politique d’État » en Israël.

La rapporteuse pointe du doigt la responsabilité de la communauté internationale. Elle estime que les gouvernements étrangers ont implicitement accordé à Israël une « licence pour torturer » les Palestiniens. Notre rédaction note que le rapport décrit un régime organisé « d’humiliation, de douleur et de dégradation, sanctionné aux plus hauts niveaux politiques ».

Le document précise que ces pratiques ne se limitent pas aux salles d’interrogatoire. Elles s’étendent à travers des déplacements massifs, des sièges, le refus d’aide humanitaire, ainsi qu’une surveillance généralisée. Ces éléments, couplés à la violence militaire, transforment les territoires occupés en un espace de punition collective avec des conséquences physiques et mentales à long terme pour la population.

À l’appui de ces affirmations, les données citées font état d’un lourd bilan. Depuis le 7 octobre 2023, les attaques israéliennes sur Gaza ont fait au moins 72 263 morts et 171 944 blessés, selon le ministère de la Santé de l’enclave. En Cisjordanie occupée, plus de 18 500 Palestiniens ont été arrêtés depuis octobre 2023, dont au moins 1 500 enfants recensés jusqu’en février.

Face à ces accusations, la mission d’Israël auprès de l’ONU a fermement rejeté le rapport, qualifiant Francesca Albanese d’« agent du chaos ». Dans une déclaration officielle, la représentation israélienne accuse la rapporteuse d’abuser de sa tribune pour se livrer à un « antisémitisme virulent » et de soutenir des organisations terroristes. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte où Israël et les États-Unis multiplient les appels en faveur de sa destitution de son poste de rapporteuse spéciale.

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