Alors qu’une trêve vient d’être annoncée entre les États-Unis et l’Iran, la situation sécuritaire et politique reste extrêmement volatile au Liban. Entre la poursuite des opérations militaires israéliennes au sud et l’organisation de futures négociations à Washington, les dynamiques internes du pays se crispent.
Sur le terrain, l’accalmie espérée n’a pas eu lieu. Des frappes israéliennes ont visé plusieurs localités du sud du Liban, notamment dans les districts de Sidon et de Nabatieh, faisant au moins 18 morts, dont trois secouristes, et neuf blessés. Selon les données relayées par la chaîne Al Jazeera, le bilan global des pertes humaines au Liban dépasse désormais la barre des 2 020 morts et 6 436 blessés depuis le début du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran le 2 mars dernier. De leur côté, les médias israéliens ont rapporté que deux soldats de la brigade des parachutistes ont été blessés par des éclats lors d’affrontements près de la frontière.
Sur le plan diplomatique, la présidence libanaise a annoncé la tenue, la semaine prochaine à Washington, d’une rencontre tripartite réunissant des responsables libanais, israéliens et américains. L’objectif affiché par le bureau du président Joseph Aoun est de discuter d’un cessez-le-feu et de fixer une date pour l’ouverture de négociations directes sous l’égide des États-Unis.
Cette initiative diplomatique a provoqué une opposition frontale du Hezbollah. Le mouvement a renouvelé son rejet catégorique de toute discussion directe avec Israël. À Beyrouth, des centaines de manifestants se sont rassemblés près du siège du gouvernement pour dénoncer ces pourparlers. Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a qualifié ces futures discussions de violation flagrante du pacte national et de la Constitution libanaise. Le groupe et son allié, le mouvement Amal, ont toutefois publié une déclaration appelant leurs partisans à éviter les rassemblements afin de préserver la paix civile et la stabilité interne.
La poursuite des hostilités met en lumière les désaccords entourant la récente trêve irano-américaine négociée à Islamabad. Un différend oppose Washington et Téhéran sur l’application de cet accord aux opérations israéliennes au Liban. Selon Al Jazeera, l’Iran affirme avoir obtenu des garanties sur une réduction des attaques israéliennes sur le territoire libanais. Aucune confirmation n’a cependant été communiquée par Israël, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que tout accord de paix devra impérativement inclure le désarmement du Hezbollah.