Le Sénégal franchit une étape majeure dans la modernisation de son système de santé. Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Idrissa Pouye de Grand-Yoff est devenu le premier établissement d’Afrique de l’Ouest à réaliser des implantations de pacemakers sans sonde, une technologie de dernière génération destinée au traitement des troubles sévères du rythme cardiaque.
Cette avancée a été rendue possible grâce à une mission technologique organisée au CHU Idrissa Pouye, dans le cadre d’un programme de formation et de transfert de compétences réunissant la Société sénégalaise de cardiologie, des spécialistes français et plusieurs partenaires industriels.
Une technologie de pointe au service des patients
Chef de mission, le professeur Simon Sartre, de l’Université de Nantes, a salué l’engagement des autorités sanitaires et des équipes médicales sénégalaises. Selon lui, l’intégration de cette technologie dans un programme académique constitue « la clé du succès » et permettra au Sénégal de s’imposer comme une référence en Afrique de l’Ouest dans le domaine de la rythmologie interventionnelle.
Contrairement aux stimulateurs cardiaques classiques, ces pacemakers miniaturisés, qui pèsent seulement entre un et deux grammes, sont implantés directement dans le cœur, sans boîtier ni sonde. Cette technique réduit considérablement les risques de complications tout en offrant une durée de vie pouvant atteindre vingt ans.
Une formation pour renforcer l’expertise africaine
La mission, d’une durée de cinq jours, a débuté par une session de formation destinée à des cardiologues venus de cinq pays africains. L’objectif est de renforcer leurs compétences dans les techniques de stimulation cardiaque destinées aux patients souffrant de troubles graves du rythme.
Selon le professeur Adama Kane, rythmologue interventionnel et enseignant-chercheur à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, la deuxième phase est consacrée à la certification de l’équipe sénégalaise pour la pose de ces dispositifs innovants, avec l’appui d’experts de l’Hôpital européen Georges-Pompidou de Paris et du CHU de Lille.
Le spécialiste explique que le dispositif prend la forme d’une capsule d’environ 33 millimètres, introduite par voie veineuse puis fixée directement dans le cœur sous contrôle radiologique, sans chirurgie lourde, sans boîtier et sans sonde.
Sept patients pris en charge gratuitement
Au total, sept patients bénéficieront gratuitement de cette technologie au cours de cette mission, dont cinq dans le cadre de la certification des praticiens sénégalais.
Pour le professeur Adama Kane, cette innovation représente une véritable révolution thérapeutique. Bien que son coût soit supérieur à celui des pacemakers conventionnels, elle permet de traiter durablement certaines pathologies potentiellement mortelles.
« Ce sont des interventions qui sauvent directement des vies », a-t-il souligné dans les colonnes de l’APS visitée par Senego, plaidant pour un accompagnement accru de l’État afin de rendre cette technologie accessible au plus grand nombre.
Faire du Sénégal un hub régional
Au-delà de cette première historique, l’ambition affichée est de faire du Sénégal un centre régional de référence en stimulation cardiaque de nouvelle génération. Les initiateurs du projet souhaitent poursuivre la formation des spécialistes africains et favoriser la diffusion de ces technologies innovantes dans l’ensemble de la sous-région.
