L’ancien chef du renseignement brésilien, Alexandre Ramagem, n’est plus aux mains des services de l’immigration américaine. Fuyant une lourde condamnation dans son pays pour son implication dans une tentative de coup d’État, il avait été interpellé en Floride en début de semaine avant de retrouver la liberté.
L’annonce de cet élargissement a été effectuée ce mercredi sur le réseau social X par Paulo Figueiredo, un commentateur politique brésilien installé aux États-Unis. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette remise en liberté a également été corroborée par une source de la police fédérale brésilienne. Parallèlement, le nom de l’ancien haut responsable n’apparaît plus sur les registres publics des personnes détenues par l’agence de l’immigration américaine (ICE).
Si les autorités de Brasilia ont formellement exigé son extradition fin décembre 2025, son placement en centre de rétention ne résultait pas de cette procédure. Paulo Figueiredo a expliqué qu’Alexandre Ramagem avait initialement fait l’objet d’un contrôle de police à Orlando pour une infraction routière mineure, avant d’être signalé à l’ICE, une démarche habituelle en Floride. L’ex-parlementaire a par ailleurs initié une demande d’asile sur le sol américain, laquelle est toujours en cours d’examen.
Ce dossier découle directement des événements politiques de 2023 au Brésil. Proche de l’ancien dirigeant Jair Bolsonaro, Alexandre Ramagem a été condamné en septembre dernier à 16 ans de prison et déchu de son mandat au Congrès en décembre. Pour échapper à cette peine, il a franchi illégalement la frontière avec le Guyana pour s’envoler vers les États-Unis. Mardi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait publiquement réclamé son rapatriement. Ce climat de tension a récemment pesé sur les relations diplomatiques, le président américain Donald Trump ayant temporairement imposé des sanctions douanières contre le Brésil en réaction aux condamnations visant Jair Bolsonaro, lui-même incarcéré pour une peine de 27 ans.