Le paysage politique brésilien se tend à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre. La Cour suprême vient d’autoriser l’ouverture d’une procédure visant le candidat de la droite, soupçonné d’avoir tenu des propos diffamatoires à l’encontre du président sortant Luiz Inacio Lula da Silva.
Une décision du juge Alexandre de Moraes, publiée mercredi, donne le feu vert à la Police fédérale pour examiner une série de publications mises en ligne en janvier dernier par le sénateur Flavio Bolsonaro. Les enquêteurs disposent d’un délai de 60 jours pour mener à bien leurs investigations initiales.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette affaire trouve son origine dans la réaction du candidat à l’annonce de l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis. Sur la plateforme X, Flavio Bolsonaro avait partagé des captures d’écran de Nicolas Maduro menotté, accompagnées d’insinuations liant Lula à diverses activités criminelles. Il y prédisait l’effondrement du Forum de Sao Paulo, évoquant des affaires de trafic international de drogue et d’armes, de blanchiment d’argent, d’élections truquées et de soutien aux dictatures.
Le code pénal brésilien encadre la liberté d’expression et qualifie la diffamation d’infraction pénale, les procureurs ayant la possibilité de requérir des peines aggravées lorsqu’elle vise un chef d’État en exercice. Par la voix de son porte-parole, Flavio Bolsonaro a dénoncé une violation de ses droits. L’équipe du sénateur de Rio de Janeiro a déclaré aux médias locaux qu’il s’était limité à rapporter des faits concernant les poursuites internationales visant Nicolas Maduro, assurant qu’il n’y avait aucune accusation criminelle directe formulée contre le président brésilien.
Cette procédure judiciaire intervient dans un contexte électoral extrêmement serré, à près de cinq mois et demi du premier tour prévu le 4 octobre. Une étude de l’institut de recherche Quaest crédite actuellement Lula de 37 % des voix au premier tour, contre 32 % pour Flavio Bolsonaro. La dynamique s’inverserait en cas de second tour, le candidat de droite obtenant 42 % des suffrages face aux 40 % du président sortant, des projections qui restent dans la marge d’erreur de 2 %.
Âgé de 80 ans, Lula brigue un quatrième mandat après avoir battu le père de son actuel adversaire, Jair Bolsonaro, lors du scrutin de 2022. L’ancien président purge aujourd’hui une peine de 27 ans de prison pour avoir tenté de renverser les résultats de cette élection, une contestation qui avait culminé lors des attaques du 8 janvier 2023 contre les institutions de Brasilia. Flavio Bolsonaro, 44 ans, a officiellement intégré la course présidentielle de 2026 en décembre avec le soutien de son père, dont il a indiqué vouloir chercher la libération dans le cadre de son mandat.
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