Comment concilier le soutien diplomatique de l’État à Macky Sall et les demandes de justice exprimées au Sénégal ? Bassirou Diomaye Faye a défendu la candidature de son prédécesseur au secrétariat général des Nations unies, en mettant en avant la nécessité d’un leadership africain expérimenté. La candidature avait déjà été évoquée lors d’échanges à New York entre Diomaye Faye, Emmanuel Macron et Macky Sall, sans qu’un soutien officiel de Dakar soit alors mentionné.
En soutenant Macky Sall, Diomaye Faye présente ce parrainage comme un choix relevant de la continuité de l’État. La candidature d’un Sénégalais à la tête de l’ONU représenterait, selon l’argumentaire exposé, un enjeu diplomatique pour le Sénégal et le continent. Mais la question du soutien présidentiel est aussi devenue un sujet de contestation intérieure : en mai, Faye avait indiqué avoir appris la candidature de son prédécesseur par des pairs africains, sans que Macky Sall l’ait directement saisi.
Cette position suscite des critiques au sein de la base politique du pouvoir et chez les partisans d’une rupture avec l’ancienne administration. Xibaaru rapporte que des organisations de la société civile et le Collectif des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024 contestent ce soutien, qu’ils jugent contradictoire avec les demandes de reddition des comptes et de justice. Le 8 juillet, Seydi Gassama avait appelé les victimes à rencontrer le président Faye pour lui porter leurs revendications.
La tension entre enjeu diplomatique et demandes de justice pourrait s’exprimer directement lors de la venue de Macky Sall à Dakar, attendu le vendredi 17 juillet pour une audience avec Bassirou Diomaye Faye dans le cadre de sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Les victimes interpellent le chef de l’État sur l’éventualité d’un soutien, alors que la candidature concerne aussi le bilan politique de l’ancien président.
Les soutiens du président distinguent le parrainage international de la conduite des affaires judiciaires au Sénégal. Ils estiment que cette démarche diplomatique ne limite pas l’indépendance de la justice dans le traitement des dossiers de gouvernance et des plaintes en cours.
La candidature reste soumise à l’examen du Conseil de sécurité de l’ONU et au droit de veto de ses membres permanents. Les démarches menées à New York doivent notamment permettre d’évaluer l’accueil réservé par les grandes puissances à cette candidature.
Par ses canaux officiels, Macky Sall a exprimé sa gratitude à Bassirou Diomaye Faye pour le parrainage de l’État.


