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Le nombre d’années de suspension de l’uranium exigé par Washington qui bloque l’accord avec Téhéran

Les récentes négociations organisées au Pakistan pour tenter de mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas abouti. Au cœur de ce blocage se trouve une divergence profonde concernant l’avenir du programme nucléaire de Téhéran.

Des délégations de haut niveau des deux pays se sont rencontrées ce week-end à Islamabad. Cependant, les discussions se sont effondrées en raison de désaccords spécifiques sur la suspension du programme d’enrichissement d’uranium iranien. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Washington exige une suspension de 20 ans en échange d’un allègement des sanctions, une durée fermement rejetée par Téhéran qui propose un moratoire n’excédant pas cinq ans.

L’Iran détiendrait actuellement environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %. Ce niveau de pureté permet d’atteindre plus rapidement le seuil de 90 % nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire. L’administration du président américain Donald Trump a fait de l’abandon de la capacité nucléaire iranienne une demande centrale. Cette exigence constituait d’ailleurs la principale justification des frappes américaines sur les installations nucléaires iraniennes lors de la guerre de 12 jours en juin 2025, puis lors du déclenchement du conflit actuel en février 2026.

Après l’échec de ce premier cycle de négociations, le vice-président américain JD Vance, à la tête de la délégation de Washington, a indiqué que la décision appartenait désormais à la partie iranienne. Al Jazeera souligne également l’analyse de MV Ramana, professeur à l’Université de Colombie-Britannique, qui estime que cette querelle sur la durée relève avant tout d’un processus de marchandage. Les deux gouvernements ayant fortement engagé leur capital politique sur le programme d’enrichissement, ils tentent aujourd’hui de rapprocher des positions initialement inconciliables.

Historiquement, la durée du gel exigé fait écho à l’accord de 2015 (JCPOA), dont Donald Trump s’était retiré lors de son premier mandat. À l’époque, l’Iran avait accepté de plafonner son enrichissement à 3,67 % pour une durée de 15 ans. Le Pakistan s’active actuellement pour convaincre les deux camps de participer à un deuxième cycle de pourparlers afin de combler cet écart.

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