Le matériel saisi par la police péruvienne chez l’ancien chef électoral

La police de Lima a mené une série de perquisitions ciblant l’ancien responsable de l’agence électorale nationale et d’autres entités impliquées dans le processus de vote. Ces opérations interviennent dans un climat de tension lié à la lenteur du décompte des suffrages de l’élection présidentielle du 12 avril dernier.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les forces de l’ordre ont pénétré vendredi dans la résidence de Piero Corvetto, l’ex-directeur de l’Office national des processus électoraux (ONPE). Agissant sur mandat judiciaire, les agents de l’unité de police anticorruption ont procédé à la saisie de téléphones portables, d’ordinateurs portables et de documents. L’avocat de M. Corvetto, Ricardo Sanchez Carranza, a précisé qu’un juge avait autorisé cette intervention, tout en rejetant la demande des procureurs visant à placer son client en détention provisoire.

L’opération ne s’est pas limitée à cette seule résidence. Les domiciles de cinq autres fonctionnaires ont également été visés, de même que les bureaux de Galaga, une entreprise privée chargée du transport des bulletins de vote. Piero Corvetto, qui a présenté sa démission mardi en affirmant espérer restaurer la confiance du public, continue de nier toute irrégularité dans l’organisation du scrutin.

Ces interventions judiciaires s’inscrivent dans un contexte de contestation des opérations de dépouillement. Les retards dans l’acheminement des bulletins, qui ont nécessité une prolongation du vote d’une journée dans certaines zones géographiques, ont alimenté diverses accusations. La mission d’observation électorale de l’Union européenne a toutefois indiqué n’avoir relevé aucun indice de fraude.

Sur le plan politique, l’ancien maire de Lima et candidat d’extrême droite, Rafael Lopez Aliaga, a qualifié Piero Corvetto de « criminel » et dénoncé une fraude électorale, bien qu’aucune preuve n’ait été avancée à ce stade. Actuellement en troisième position avec 11,9 % des voix, il accuse un retard d’environ 20 000 suffrages sur le député de gauche Roberto Sanchez (12,03 %), en lice pour la deuxième place. La candidate de droite Keiko Fujimori domine la course avec 17 % des suffrages sur 95 % des bulletins dépouillés, s’assurant une qualification probable pour le second tour prévu le 7 juin. La publication des résultats définitifs est programmée pour le 15 mai.

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