Port-Soudan a été le théâtre, ce samedi, d’une rencontre diplomatique et sécuritaire de premier plan. Alors que le conflit interne continue de peser lourdement sur la stabilité du pays, le président du Conseil de souveraineté soudanais a reçu un émissaire de marque venu du Caire pour aborder des questions vitales pour la région.
Cette visite intervient dans un contexte régional tendu, où la coordination entre les États voisins devient une nécessité absolue pour endiguer les risques de débordement du conflit.
Une convergence de vues sur la sécurité régionale
Le général Abdel Fattah al-Burhan s’est entretenu avec Hassan Rachad, le chef du Service général de renseignement égyptien. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette réunion s’est tenue à Port-Soudan, devenue le centre névralgique de l’administration soudanaise depuis le début des hostilités. L’objectif affiché par les deux parties était clair : renforcer les mécanismes de coopération face aux menaces communes.
Les discussions ont permis de mettre à plat plusieurs dossiers sensibles. Au-delà du renforcement des relations bilatérales, l’accent a été mis sur la lutte contre le terrorisme et, point crucial pour le commerce international, la sécurité de la mer Rouge. La protection de cette zone maritime stratégique constitue une priorité partagée par Khartoum et Le Caire, nécessitant une vigilance accrue et une coordination permanente des services de renseignement.
Le volet humanitaire au cœur des échanges
Hassan Rachad n’est pas venu les mains vides sur le plan diplomatique, transmettant officiellement les salutations du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à son homologue soudanais. Mais au-delà du protocole, la rencontre a permis d’aborder des aspects logistiques urgents.
Le communiqué du Conseil de souveraineté précise que les deux responsables ont examiné les dispositions nécessaires pour faciliter les opérations de secours. L’enjeu est de garantir l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations bénéficiaires en toute sécurité, une tâche rendue complexe par l’instabilité du terrain.
Un contexte de crise qui perdure
Cette visite de haut niveau s’inscrit dans le cadre du conflit qui déchire le Soudan depuis avril 2023. Les affrontements entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), nés de divergences sur l’unification de l’institution militaire, ont plongé le pays dans une situation humanitaire critique. Les violences ont déjà causé des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d’environ 13 millions de personnes, créant un besoin impératif de soutien régional pour tenter de stabiliser la situation.