Un incident maritime au large des côtes libyennes impliquant un navire russe a mobilisé les plus hautes autorités de Tripoli. Après plusieurs jours d’incertitude consécutifs à des explosions à bord, une opération coordonnée a été lancée pour sécuriser la zone et écarter tout risque environnemental ou sécuritaire en Méditerranée.
Comme le rapporte l’agence Anadolu, le gouvernement d’unité nationale libyen a procédé au remorquage du tanker russe, l’« ARCTIC METAGAZ », qui dérivait dans ses eaux territoriales. Le ministre libyen des Transports, Mohamed Salem al-Chahoubi, a confirmé via une déclaration vidéo que des remorqueurs locaux ont déplacé le navire vers les eaux internationales. La Compagnie nationale de pétrole libyenne a désormais la charge de superviser le déchargement de sa cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL).
Cette intervention fait suite à la mise en place d’une cellule de crise, instaurée sur instruction directe du Premier ministre Abdulhamid Dabaiba. La gestion de ce navire abandonné a nécessité une coopération multilatérale. Le ministère libyen des Affaires étrangères a assuré la liaison avec la Russie, tandis que Tripoli a également coordonné ses actions avec Malte et l’Italie pour garantir la sécurité de la navigation dans ce secteur stratégique.
L’origine de cette dérive remonte au 4 mars dernier. L’Autorité libyenne des ports et du transport maritime avait alors signalé des explosions à bord du tanker. Les 30 membres d’équipage, tous de nationalité russe, avaient pu être secourus à temps. Si les premières évaluations laissaient penser que le navire avait sombré à 130 milles au nord du port de Syrte, il s’est avéré qu’il flottait toujours et dérivait dangereusement vers l’ouest du pays.
Cet incident maritime se double d’une dimension géopolitique directe. Le ministère russe des Transports affirme que le navire a été la cible d’une attaque menée par des drones maritimes. Moscou accuse formellement l’Ukraine d’avoir orchestré ces frappes depuis les côtes libyennes. Ces accusations illustrent la manière dont les ramifications du conflit ukrainien continuent de s’étendre bien au-delà de leur théâtre d’opérations initial, touchant désormais des infrastructures commerciales en mer Méditerranée.
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