La dynamique géopolitique mondiale impose de nouveaux défis diplomatiques à Kiev. Alors que les combats terrestres et aériens s’intensifient sur le front oriental, les autorités ukrainiennes observent avec attention le déplacement des priorités internationales. Lors d’un échange avec la presse, le président Volodymyr Zelensky a exprimé ses inquiétudes face à cette réorganisation stratégique.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le chef de l’État ukrainien redoute que l’escalade militaire au Moyen-Orient ne détourne l’attention et le soutien des États-Unis. « Nous ne voulons pas perdre les Américains », a-t-il déclaré samedi devant un groupe de journalistes, soulignant que Washington est actuellement concentré sur cette autre région. Pour maintenir ce lien vital, Kiev cherche à se positionner comme un atout pour ses alliés. L’Ukraine a ainsi proposé à Washington de partager son expertise technique dans le domaine des drones pour l’assister dans ses opérations moyen-orientales.
Ces tractations diplomatiques interviennent dans un contexte de forte activité militaire. Dans la nuit du 14 au 15 mars, l’armée de l’air ukrainienne a recensé le lancement par la Russie de 97 drones d’attaque, dont 70 modèles Shahed. Les défenses antiaériennes de Kiev ont neutralisé 90 de ces appareils, tandis que cinq ont atteint leurs cibles. En parallèle, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir intercepté 170 drones ukrainiens ciblant plusieurs régions frontalières (Briansk, Belgorod, Rostov, Koursk), la mer Noire, la Crimée et la zone de Moscou. Sur le terrain, l’état-major ukrainien fait état de 144 combats en vingt-quatre heures, principalement dans l’oblast de Donetsk, autour de Pokrovsk et Kostiantynivka, ainsi que dans l’oblast de Zaporijia.
Au-delà de l’allié américain, Volodymyr Zelensky a abordé les relations complexes avec ses partenaires européens. À l’approche des élections législatives en Hongrie, il s’est dit prêt à collaborer avec tout dirigeant qui ne serait pas un allié de Vladimir Poutine. Le président ukrainien a par ailleurs accusé certains pays d’Europe d’exercer un « chantage » financier. D’après la source de notre rédaction, ces partenaires lieraient l’octroi d’un prêt européen de 90 milliards de dollars, destiné notamment à l’achat d’armement, au rétablissement du fonctionnement de l’oléoduc Droujba, une infrastructure acheminant le pétrole russe vers l’Europe centrale.