Keur Massar Nord : une boulangerie communautaire pour sortir les Daaras de l’aumône

Entre la dépendance à l’aumône et la recherche de ressources propres, le projet lancé à Keur Massar Nord veut déplacer le modèle des Daaras partenaires vers une activité productive. L’inauguration d’une boulangerie communautaire y est présentée comme une étape de cette orientation, avec une promesse d’autonomie financière portée par la vente du pain.

Dans le fonctionnement annoncé, la boulangerie produit le pain et les talibés du quartier participent à la distribution ainsi qu’à la vente. Les revenus générés doivent financer les besoins alimentaires, sanitaires et pédagogiques des Daaras concernés. Lors de la cérémonie, l’un des responsables du projet a appelé les habitants à acheter ce pain pour aider la boulangerie et soutenir, a-t-il dit, « la dignité de nos enfants ».

Cette séquence, relatée avec le détail du pavage des abords de la boulangerie financé par un habitant du quartier dans un compte rendu repris par IGFM, s’inscrit dans une logique plus large de partenariat local défendue autour du projet.

Un projet pensé comme cadre local de soutien aux Daaras

L’Agence de Développement Local, par la voix de son représentant, a expliqué qu’elle ne peut pas doter chaque établissement d’une infrastructure similaire. Le modèle mis en avant repose donc sur un partenariat public-privé à l’échelle locale, avec l’idée de fédérer les acteurs économiques du secteur autour d’initiatives sociales de proximité.

Après l’ouverture de la boulangerie, le projet affiche déjà une autre ambition: former les jeunes à la technique, notamment à la fabrication et à la maintenance des fours de boulangerie. Cette perspective est présentée comme une étape vers une vision industrielle tournée vers la jeunesse.

Le texte relie enfin cette initiative aux annonces faites dans la semaine autour de la cartographie nationale des Daaras pilotée par la Délégation générale aux Affaires religieuses. Cette cartographie vise à identifier et moderniser les foyers d’enseignement traditionnel à travers le Sénégal, pendant que le projet de Keur Massar Nord met en avant quatre piliers: l’autonomisation, la formation, la solidarité et la consommation locale.

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