Les retombées économiques des Jeux ne se limitent pas à l’activité créée pendant la compétition : leur durée dépend aussi de l’usage des équipements après l’événement et de la place laissée aux acteurs locaux. Pour Dakar 2026, plusieurs dispositifs étaient présentés comme des moyens de prolonger cet héritage.
Dans son article, dakar92 rapporte que la ministre chargée de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly, défendait les Jeux comme un levier d’intégration régionale et de développement socio-économique. Un partenariat public-privé était envisagé pour assurer l’entretien et l’exploitation des infrastructures après les épreuves. Le président du COJOJ, Mamadou Diagna Ndiaye, indiquait de son côté que le Village des Jeux serait transformé en campus universitaire et que la maintenance des sites serait confiée à l’Agence de gestion du patrimoine bâti.
La question de l’héritage dépasse toutefois les équipements. Premiers Jeux Olympiques organisés sur le continent africain, Dakar 2026 représente aussi une occasion de faire connaître le Sénégal, de valoriser ses talents et de stimuler son économie. Pour que cet élan profite durablement au pays, la jeunesse ne peut rester un simple public : elle doit prendre part au projet et en devenir l’un des visages. Le Mouvement des Entrepreneurs du Sénégal, dirigé par Cheikh Ahmadou Bamba Sylla, entend s’inscrire dans cette dynamique et prévoit d’organiser les « Olympiades de l’Entrepreneuriat 2026 », une semaine dédiée à l’innovation et à la créativité.
Ces initiatives s’inscrivaient dans une réflexion plus large sur l’héritage économique des JOJ. Le comité d’organisation avait privilégié la rénovation d’installations existantes plutôt que de nouvelles constructions à Diamniadio. Plus de deux tiers des marchés attribués par le comité avaient été confiés à des entreprises locales, selon l’article. L’enjeu est ainsi de convertir les commandes liées aux Jeux et les initiatives entrepreneuriales en activité pour les entreprises et les jeunes Sénégalais, au-delà de la période des épreuves.
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Les exemples étrangers cités mettent en avant des résultats sur l’emploi, sans garantir qu’ils se reproduisent au Sénégal. À Barcelone, le nombre de chômeurs est passé de 127 774 en novembre 1986 à 60 885 en juillet 1992, selon une étude de Brunet publiée en 1995. À Londres, un rapport indépendant du gouvernement britannique estimait à 41 milliards de livres sterling les gains possibles pour le Royaume-Uni d’ici 2020 ; un an après les Jeux, les retombées directes étaient évaluées à 9,9 milliards de livres.
Les économistes Andrew Zimbalist et Holger Preuss mettent en garde contre les évaluations trop optimistes et les installations qui seraient peu utilisées ou mal entretenues. Le rapport sur Londres faisait aussi état de 1,4 million de Britanniques supplémentaires pratiquant une activité sportive au moins une fois par semaine par rapport à 2005. Pour Dakar, la pérennité de l’héritage dépendra donc autant de la gestion des sites que de la capacité à faire vivre, après les Jeux, les possibilités ouvertes aux jeunes et aux entreprises locales.





