JOJ Dakar 2026 : La jeunesse sénégalaise ne doit pas être le spectateur de ses propres Jeux (Par Ramatoulaye Diallo)

À moins d’un mois du coup d’envoi historique des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar s’apprête à accueillir le monde. Mais derrière la ferveur institutionnelle et les symboles, une question citoyenne s’impose : où sont passés les jeunes dans la préparation de cette fête qui leur est dédiée ?

Le compte à rebours est lancé. Tic-tac, tic-tac… Du 31 octobre au 13 novembre 2026, le Sénégal sera le centre du monde sportif en abritant la quatrième édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse. Pour notre pays et pour l’Afrique tout entière, accueillir cette compétition est un immense honneur. Initialement programmées pour 2022, ces joutes avaient été reportées d’un commun accord entre le Comité International Olympique (CIO) et l’État du Sénégal. Seize ans après avoir brièvement vu passer la flamme sacrée, car contrairement aux idées reçues, la flamme avait déjà fait une halte à Dakar en juillet 2010 lors de l’édition inaugurale de Singapour, la capitale sénégalaise s’apprête enfin à l’embraser en tant que ville organisatrice.

Nul besoin de remonter à la genèse des Jeux de l’Antiquité pour mesurer la responsabilité qui pèse sur nos épaules. En ressuscitant les Jeux modernes en 1894, le Baron Pierre de Coubertin voulait faire du sport un vecteur de paix et d’éducation pour la jeunesse. Après Singapour, Nankin et Buenos Aires, Dakar intègre le cercle très fermé des villes hôtes. Pour l’histoire et pour notre crédibilité, le Sénégal se doit d’être au rendez-vous de l’excellence organisationnelle.

Pourtant, un événement récent a suscité chez moi, comme chez de nombreux concitoyens, une profonde interpellation. Le 12 septembre dernier, l’accueil de la flamme olympique à Dakar s’est ouvert par une procession solennelle dite des « 100 Linguères » à travers les artères de la capitale. Disons-le objectivement : le spectacle n’a pas offert le visage rayonnant espéré, et les images qui ont suivi lors de la tournée dans les régions n’ont fait que confirmer ce malaise.

Pour des Jeux qui ciblent exclusivement des sportifs âgés de 14 à 17 ans, la tranche d’âge des personnes mises en avant sur le terrain était tout sauf représentative de la jeunesse sénégalaise et africaine. Selon la Charte africaine de la jeunesse, l’Afrique compte plus de 400 millions de jeunes et affiche un âge médian de 19 ans. Au Sénégal, 75 % de la population a moins de 35 ans. Face à une telle réalité démographique, une question légitime se pose : où étaient ces forces vives lors des sélections et des choix artistiques ?

Quand l’école portait la fête populaire

Cette tournée de la flamme a réveillé en moi les souvenirs vibrants de l’année 1985, lors Ade l’inauguration du Stade de l’Amitié (actuel stade Léopold Sédar Senghor). À l’époque, préadolescentes et adolescentes, nous avions été sélectionnées parmi les meilleures élèves du Lycée Lamine Guèye (ex-Van Vollenhoven) pour participer à la cérémonie d’ouverture. Nous avions été rigoureusement formées à des mouvements gymniques synchronisés. En parfaite harmonie, nos corps dessinaient des figures artistiques et transmettaient de réels messages.
C’est précisément là que réside l’essence des JOJ : enrayer le déclin de l’activité physique et promouvoir des valeurs de respect, d’amitié et d’excellence. Tout le contraire, malheureusement, du sentiment d’improvisation laissé par les récentes cérémonies de la flamme.

Avec un taux de jeunesse aussi massif, l’État devrait ériger le ministère de la Jeunesse en un véritable ministère de souveraineté, doté des mêmes prérogatives et de la même rigueur budgétaire que le ministère des Forces armées. Car ne nous y trompons pas : ce dividende démographique est un atout extraordinaire, mais sans perspectives, il peut devenir une bombe sociale.

À ce jour, le volet communication de l’événement reste très mitigé. Trop peu de Sénégalais se sentent concernés ou même informés. Ces Jeux auraient pourtant dû être le prétexte idéal pour réinjecter du civisme, de la fraternité et du dépassement de soi au cœur des quartiers. Pourquoi ne pas avoir organisé, trois ou quatre mois en amont, des compétitions populaires et décentralisées à Dakar, Diamniadio et Saly ? Une animation intense et continue aurait plongé le pays entier dans la ferveur olympique, renforçant ce sentiment d’appartenance dont notre jeunesse a cruellement besoin pour espérer et rêver.

La jeunesse ne doit pas simplement être « impliquée » sur le papier ou servir de décor pour les délégations officielles. Elle doit sentir qu’elle est le pont vers l’avenir, et non un simple objectif comptable.

Mieux vaut tard que jamais. Le 31 octobre prochain, le Sénégal sera scruté par le monde entier. Espérons que les autorités sauront livrer des infrastructures impeccables, des rues propres et dégagées, et surtout, redonner la place qui revient de droit à ceux à qui appartiennent ces Jeux : les enfants du Sénégal.

Par RAMATOULAYE DIALLO (SG SYPMTEX)
rdiallo01@proton.me

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2 commentaires

  1. Diomaye faye doit démissionner il sert a rien il fait de la création de parti oubli la nation et s’occupe que de kiraye c’est pas sa qui fait avancer le pays

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