Le procureur a requis hier cinq ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de Jérôme Bandiaky, alias « Sniper », à l’issue de son procès devant le tribunal correctionnel de Dakar. L’ancien responsable de la société Sniper Sécurité est poursuivi pour détention illicite d’armes, trafic d’armes, usurpation de fonctions publiques et escroquerie portant sur les avantages de l’État.
Selon le quotidien EnQuête+, le parquet a estimé que les infractions liées aux armes étaient suffisamment établies. Il reproche également à Bandiaky d’avoir indûment bénéficié de passeports diplomatiques et d’un logement de l’État. En revanche, les manœuvres visant à compromettre la sécurité publique n’ont pas été retenues.
À la barre, Jérôme Bandiaky a reconnu une seule irrégularité : l’achat d’une arme avant d’en avoir reçu l’autorisation administrative. « J’ai mis la charrue avant les bœufs », a-t-il déclaré, qualifiant cette démarche d’erreur administrative. Pour le reste, il a nié tout trafic et a soutenu que les passeports lui avaient été confiés dans le cadre de missions de protection rapprochée d’anciens dirigeants.
Son co-prévenu, Sakory Ka, frère de l’ancien ministre Doudou Ka, a également rejeté les accusations. Il affirme que toutes les armes retrouvées chez lui étaient destinées à ses activités de chasse et disposaient des autorisations nécessaires.
La défense a plaidé la relaxe, dénonçant un dossier construit sur des considérations politiques et des preuves insuffisantes. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 22 juillet 2026.
Par ailleurs, Jérôme Bandiaky est également inculpé pour assassinat dans l’affaire de la disparition des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou en novembre 2022. Une procédure distincte qui continue de susciter la colère des familles, comme l’a récemment rapporté Senego.
