À quelques semaines des célébrations du Nouvel An chinois, période traditionnellement marquée par d’importants mouvements de population, les autorités chinoises viennent de prendre une position tranchée concernant les déplacements vers l’archipel nippon. Le ministère des Affaires étrangères a formellement invité ses citoyens à reconsidérer leurs projets de voyage au Japon.
Selon les éléments relayés par l’agence Anadolu, la diplomatie chinoise justifie cette recommandation par une dégradation jugée inquiétante de l’environnement sécuritaire. Le communiqué officiel met en avant une « recrudescence des actes criminels » ciblant spécifiquement les ressortissants chinois, ainsi que des risques sismiques persistants ayant récemment causé des blessés. Cette mise en garde concerne particulièrement la période précédant la Fête du Printemps, prévue du 17 février au 3 mars.
Le Global Times, organe de presse d’État, précise que les autorités conseillent d’éviter tout séjour dans l’archipel dans un avenir proche. Pour les ressortissants chinois se trouvant déjà sur le sol japonais, Pékin préconise une vigilance accrue, notamment en suivant de près les alertes locales relatives aux catastrophes naturelles.
Au-delà des motifs sécuritaires officiellement avancés, cette directive intervient dans un contexte diplomatique complexe. Les relations bilatérales connaissent une période de crispation depuis novembre 2025, date à laquelle la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a tenu des propos remarqués sur la question de Taïwan. Elle avait indiqué qu’une action militaire chinoise sur l’île pourrait constituer une « situation de menace pour la survie », justifiant potentiellement l’exercice du droit à la légitime défense collective par le Japon.
Cette posture avait déjà entraîné des mesures de rétorsion économique, notamment le rétablissement de l’embargo sur les importations de produits de la mer japonais. Malgré cette nouvelle consigne aux voyageurs, Sanae Takaichi a manifesté ce lundi sa volonté d’engager un dialogue direct avec le président Xi Jinping pour aborder ces différends persistants.