Les délégations israélienne et libanaise se préparent à une rencontre diplomatique inédite à Washington la semaine prochaine. Si le principe de discussions formelles est acté, le cadre des échanges fait déjà l’objet de restrictions fermes de la part de Tel-Aviv.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Israël refuse catégoriquement d’aborder la question d’un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors de ces réunions prévues mardi au département d’État américain. L’ambassadeur israélien, Yechiel Leiter, a précisé que son pays consent à entamer des négociations de paix avec le gouvernement libanais, mais exclut toute discussion impliquant le mouvement armé, qualifié d’« obstacle principal à la paix » entre les deux nations.
Sur le terrain, l’offensive militaire se poursuit sans répit. Une frappe aérienne a détruit un immeuble résidentiel à Mayfadoun, dans le district de Nabatieh, causant la mort de trois personnes samedi. Les autorités libanaises recensent près de 2 000 morts ces dernières semaines, dont plus de 350 pour la seule journée de mercredi.
Face à cette escalade, des pressions s’exercent pour obtenir une trêve. Washington et Beyrouth ont plaidé pour une suspension des attaques. Donald Trump a par ailleurs demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de réduire l’intensité des bombardements. L’objectif est de préserver le fragile accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran. Cependant, les interprétations divergent : Téhéran affirme que cette pause de deux semaines inclut le front libanais, une lecture rejetée par Israël qui a poursuivi ses opérations à grande échelle.
En réponse, l’Iran maintient la fermeture du détroit d’Ormuz. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a conditionné toute négociation à un cessez-le-feu au Liban et au dégel des avoirs iraniens. Donald Trump a par la suite contredit Téhéran, affirmant que le Liban n’était pas inclus dans l’arrangement.
C’est dans ce climat tendu qu’une délégation américaine, comprenant le vice-président JD Vance, l’émissaire Steve Witkoff et le conseiller Jared Kushner, est arrivée à Islamabad pour entamer des pourparlers avec des représentants iraniens.
Notre rédaction souligne que les hostilités au Liban se sont intensifiées début mars. À la suite du déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran le 28 février, le Hezbollah avait lancé une attaque de représailles transfrontalière le 2 mars, entraînant une vaste offensive terrestre et aérienne israélienne au Sud-Liban. Avec le refus d’intégrer le groupe armé aux discussions, les pourparlers de Washington devraient se concentrer sur les exigences adressées directement à l’État libanais.