Israël : ovationné à la Knesset, le Premier ministre indien assume un choix diplomatique fustigé dans son pays

Le Premier ministre indien effectue actuellement une visite de deux jours en Israël. Ce déplacement, marqué par une intervention inédite devant le parlement israélien, met en lumière le renforcement des relations entre New Delhi et Tel-Aviv. Toutefois, les positions affichées lors de cette tribune suscitent de vives crispations sur la scène politique indienne.

Mercredi, Narendra Modi est devenu le premier chef de gouvernement indien à s’adresser à la Knesset. Selon la chaîne Al Jazeera, il y a reçu une ovation debout après avoir affirmé que son pays se tenait fermement aux côtés d’Israël « avec une conviction totale ». Qualifiant de « barbares » les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, il a souligné qu’aucune cause ne pouvait justifier le meurtre de civils.

Accueilli à l’aéroport international Ben Gourion par Benjamin Netanyahu, qui l’a décrit comme « plus qu’un ami, un frère », le dirigeant indien a insisté sur les intérêts communs liant les deux nations. Ce partenariat s’appuie sur des bases économiques et militaires massives. L’Inde s’impose en effet comme le premier acheteur d’armes d’Israël, avec 20,5 milliards de dollars de commandes militaires enregistrées entre 2020 et 2024. Les échanges commerciaux globaux ont atteint 3,9 milliards de dollars en 2024, une dynamique renforcée par la signature d’un traité bilatéral d’investissement en septembre 2025.

Si Narendra Modi a profité de son discours pour soutenir l’initiative de paix pour Gaza approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre, son appui affiché à Tel-Aviv contraste avec de récentes décisions diplomatiques. La semaine dernière, l’Inde figurait encore parmi la centaine de pays ayant officiellement condamné les initiatives israéliennes visant à étendre le contrôle sur la Cisjordanie occupée.

En Inde, cette visite provoque une levée de boucliers au sein de l’opposition, dans un contexte où la guerre à Gaza a fait plus de 72 000 morts et 171 000 blessés. Imran Masood, parlementaire du parti du Congrès, a exhorté le Premier ministre à s’exprimer sur la mort des enfants palestiniens, rappelant que la position historique de New Delhi a toujours été de soutenir la Palestine. De son côté, Marian Alexander Baby, dirigeant du Parti communiste d’Inde, a fustigé ce rapprochement, le qualifiant de trahison de l’héritage anticolonial du pays et des résolutions de l’ONU en faveur du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

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