Le président israélien Isaac Herzog doit entamer le 6 mai une visite officielle de quatre jours au Panama puis au Costa Rica, dans un contexte de tensions régionales et d’isolement diplomatique croissant pour Israël sur la scène internationale. Le déplacement prévoit des rencontres avec des responsables politiques des deux pays d’Amérique centrale, ainsi qu’une participation à une cérémonie d’investiture au Costa Rica.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Isaac Herzog se rendra d’abord au Panama, où il doit rencontrer le président Jose Raul Mulino et d’autres responsables gouvernementaux. Le ministère israélien des Affaires étrangères présente ce déplacement comme la première visite de l’histoire d’un président israélien dans ce pays, qu’il qualifie de « véritable ami d’Israël » et de membre actuel du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le voyage doit ensuite se poursuivre au Costa Rica, où Isaac Herzog assistera à l’investiture de la présidente élue Laura Fernandez Delgado. D’après les autorités israéliennes, l’invitation a été adressée par le président sortant Rodrigo Chaves Robles, présenté comme proche d’Israël. Le chef de l’État israélien doit aussi participer à un dîner réunissant des chefs d’État et rencontrer des membres de la communauté juive dans les deux pays.
Le déplacement intervient alors qu’Israël cherche à consolider ses appuis dans les enceintes internationales. Al Jazeera indique que le Panama occupe actuellement un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour un mandat de deux ans. Le média rappelle aussi que le Panama et le Costa Rica se sont abstenus lors d’une résolution de l’ONU en 2024 appelant Israël à mettre fin à l’occupation illégale des territoires palestiniens, et que le Panama faisait partie des 12 pays s’étant abstenus lors d’un vote de septembre en faveur d’une solution à deux États.
Le ministère israélien des Affaires étrangères affirme que cette visite doit renforcer le « partenariat stratégique » entre Israël et les pays de la région. Elle s’inscrit aussi dans la continuité d’initiatives récentes, dont un accord de libre-échange signé avec le Costa Rica en décembre et l’ouverture d’un bureau commercial à Jérusalem, ville revendiquée par Israël comme sa capitale mais considérée comme occupée illégalement au regard du droit international.
Le contexte régional reste marqué par des positions divergentes en Amérique latine sur la guerre à Gaza. Plusieurs dirigeants de gauche, dont le président colombien Gustavo Petro et le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ont publiquement critiqué Israël. Le président Lula a récemment dénoncé la saisie et la détention de participants à une flottille humanitaire en route vers Gaza, parmi lesquels figurait le Brésilien Thiago Avila, qualifiant cette action d’« injustifiable ».