Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche : La condition sécuritaire absolue présentée à Trump pour tout accord avec Téhéran

Alors que Washington et Téhéran viennent de conclure une série de pourparlers à Oman, le Premier ministre israélien effectue sa sixième visite officielle de l’année aux États-Unis. Benjamin Netanyahu ne se rend pas à la Maison Blanche pour une simple visite de courtoisie : il transporte avec lui une feuille de route contenant des « principes » jugés indispensables par Tel-Aviv pour encadrer toute future diplomatie américaine dans la région.

Ce déplacement intervient dans un contexte de tensions persistantes, quelques jours seulement après la reprise du dialogue entre les États-Unis et l’Iran, une première depuis la guerre de juin 2025. Si Israël n’a pas pris part à ces échanges à Oman, l’État hébreu entend peser de tout son poids sur l’orientation de la politique étrangère américaine. Avant de quitter Tel-Aviv mardi, Benjamin Netanyahu a salué la « proximité unique » entre les deux alliés, précisant, selon nos informations et celles d’Al Jazeera, qu’il présenterait à Donald Trump des lignes directrices essentielles « pour quiconque souhaite la paix et la sécurité au Moyen-Orient ».

Bien que le contenu exact de ce document n’ait pas été détaillé publiquement avant la rencontre, la nature des exigences israéliennes se dessine à travers les positions antérieures du Premier ministre. Ce dernier a régulièrement plaidé pour que Téhéran accepte un désarmement complet de ses armes lourdes, citant en exemple le modèle libyen de 2003, où Mouammar Kadhafi avait renoncé à son programme d’armes de destruction massive en échange d’une normalisation avec l’Occident.

Cette condition se heurte frontalement à la doctrine de défense iranienne. Téhéran considère son programme de missiles comme un pilier non négociable de sa souveraineté, surtout après le conflit de l’an dernier. Lors de cette confrontation, marquée par des frappes américaines sur les installations nucléaires et des attaques israéliennes, l’Iran s’était appuyé sur son arsenal balistique pour riposter, parvenant à percer les défenses aériennes israéliennes. Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, a réitéré sur Al Jazeera que cette capacité militaire relève de la défense nationale et reste « jamais négociable ».

Outre la question balistique, les discussions à Washington devraient aborder le soutien de l’Iran à l’« Axe de la Résistance », comprenant le Hezbollah, le Hamas et les Houthis, ainsi que l’épineux dossier de l’enrichissement d’uranium. Si l’Iran revendique ce droit à des fins civiles, les États-Unis et Israël maintiennent une ligne rouge commune. Mike Huckabee, ambassadeur américain accompagnant Netanyahu, a souligné « l’alignement extraordinaire » entre les deux nations, affirmant que toute persistance de l’Iran vers l’arme nucléaire serait jugée inacceptable par le président Trump.

Pour appuyer cette diplomatie musclée, les États-Unis ont redéployé le porte-avions USS Abraham Lincoln et plusieurs escadrons de chasseurs dans la région.

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