Iran : le sort du stock d’uranium qui domine le sommet du traité nucléaire

La conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) s’est ouverte à New York dans un contexte marqué par un cessez-le-feu jugé fragile entre les États-Unis et l’Iran. Au coeur des discussions figure désormais le stock d’uranium enrichi iranien, avec plusieurs questions encore pendantes sur sa quantité restante, son emplacement et son devenir.

D’après Al Jazeera, le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Albusaidi, qui menait une médiation entre Washington et Téhéran, avait déclaré le 27 février que l’Iran acceptait le « zéro accumulation », le « zéro stockage » et une vérification complète de son stock existant par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Selon cette même déclaration, ce stock devait être dilué jusqu’au niveau de l’uranium naturel puis converti en combustible. Le média précise que des frappes américaines et israéliennes ont commencé quelques heures plus tard.

Le TNP, entré en vigueur en 1970 après son ouverture à la signature en 1968, compte 191 États parties. Il repose sur trois piliers : la non-prolifération, le désarmement et l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, sous contrôle de l’AIEA. Cinq pays y sont reconnus comme puissances nucléaires : les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France. À l’inverse, Israël n’est pas signataire du traité et n’a jamais reconnu officiellement posséder l’arme nucléaire.

Plusieurs experts interrogés par Al Jazeera estiment que la crédibilité même du traité est en jeu. L’analyste Sahar Khan a déclaré que le « grand compromis » du TNP s’est profondément détérioré, affirmant que les États dotés de l’arme nucléaire continuent de moderniser leurs arsenaux. Hossein Mousavian, ancien membre de l’équipe diplomatique iranienne sur le nucléaire, a pour sa part évoqué une application inégale des principes du traité, tandis que Rebecca Johnson, directrice de l’Acronym Institute for Disarmament Diplomacy, a rappelé que la conférence d’examen de 2000 constituait le dernier grand moment de consensus avant une dégradation durable de la confiance dans le système de contrôle des armements.

L’Iran, signataire du TNP depuis 1974, est resté dans ce cadre malgré les crises successives. Son programme a cependant changé de dimension après la révélation, en 2002, de sites non déclarés à Natanz et Arak. L’accord nucléaire de 2015, le JCPOA, avait ensuite imposé à Téhéran des restrictions étendues : réduction de 98 % de son stock d’uranium enrichi à 300 kg, plafonnement de l’enrichissement à 3,67 % et diminution de deux tiers des centrifugeuses, en échange d’une levée de sanctions liées au nucléaire.

Mais en 2018, le président Donald Trump a retiré les États-Unis de cet accord. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’Iran a continué à respecter ses limites pendant environ un an avant de dépasser progressivement les plafonds d’enrichissement. Début 2025, le pays enrichissait l’uranium à 60 %, alors que le niveau généralement associé à l’usage militaire est d’environ 90 %. Aujourd’hui, l’un des principaux points de blocage est l’exigence américaine d’un enrichissement nul, une demande que plusieurs analystes cités dans l’article jugent non prévue par le traité.

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