Iran : des miliciens d’un pays voisin déployés dans Téhéran en pleine vague de bombardements

La République islamique d’Iran célèbre l’anniversaire de son référendum de 1979 dans un climat de guerre. Alors que les frappes américaines et israéliennes se poursuivent sur le territoire, les autorités ont mobilisé leurs partisans dans les rues de Téhéran, encadrés par un dispositif sécuritaire incluant des renforts extérieurs.

Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le président Masoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi ont participé aux rassemblements mardi soir. Aux premières heures de mercredi, l’armée américaine a bombardé le site de l’ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran. Les images diffusées par les médias d’État montrent des destructions dans cette zone sécurisée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Pour encadrer ces célébrations, les forces paramilitaires du Basij ont érigé des points de contrôle à travers la capitale. À leurs côtés, la présence de ressortissants irakiens a été confirmée. Hamid al-Hosseini, une figure liée au CGRI et au Hachd al-Chaabi (les Forces de mobilisation populaire irakiennes), a indiqué à l’agence Tasnim que ces éléments tenaient des postes de ravitaillement pour aider la population. Des organisations de défense des droits humains accusent régulièrement le régime de recourir à ces milices alliées pour réprimer la dissidence locale.

Sur le plan militaire, face à l’offensive israélo-américaine en cours, Téhéran affirme se préparer à toute éventualité. Ahmad Reza Pourdastan, chef du centre de recherche de l’armée iranienne, a déclaré que les forces armées s’entraînent depuis 2001 à repousser une invasion terrestre américaine.

En parallèle, la population civile subit une coupure quasi totale d’Internet. Le marché noir des réseaux privés virtuels (VPN) explose, certains habitants dépensant jusqu’à 300 dollars pour tenter de s’informer, selon des témoignages recueillis par Al Jazeera. Les autorités judiciaires ont averti que la diffusion d’images des sites bombardés serait passible de lourdes peines, allant jusqu’à l’exécution. Mercredi, l’agence Fars a diffusé les aveux télévisés d’une jeune fille arrêtée pour avoir soutenu en ligne les attaques de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu.

Isolés numériquement, des habitants de la capitale ont mis en place un système d’alerte artisanal. Ils s’appuient sur des appels téléphoniques et des messages provenant des provinces du nord et de l’ouest, où le passage des avions de chasse est entendu en premier, leur laissant quelques minutes pour se mettre à l’abri avant les frappes sur Téhéran.

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