Installations gazières du Qatar ciblées par l’Iran : la durée de la paralysie annoncée par QatarEnergy

Les récentes frappes menées par Téhéran contre les infrastructures énergétiques de Doha ont lourdement touché la capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar. Le directeur général de QatarEnergy a détaillé l’étendue des dégâts matériels et les répercussions directes sur l’approvisionnement mondial.

Selon les déclarations de Saad al-Kaabi, rapportées par l’agence Reuters et relayées par Al Jazeera, les attaques iraniennes ont anéanti 17 % de la capacité d’exportation de GNL du pays. Deux des quatorze trains de GNL qataris, ainsi qu’une installation de transformation de gaz en liquides, ont été endommagés. Les réparations nécessaires maintiendront à l’arrêt une production de 12,8 millions de tonnes de GNL par an sur une période estimée entre trois et cinq ans. Cette paralysie engendre une perte de revenus annuels évaluée à 20 milliards de dollars.

Lors d’une interview, le patron de QatarEnergy a exprimé sa stupeur face à cette offensive, soulignant qu’il n’aurait jamais imaginé subir une telle attaque de la part d’un pays musulman voisin, particulièrement durant le mois de Ramadan. Ces frappes s’inscrivent dans un contexte de tensions régionales exacerbées. Mercredi, l’Iran a lancé une série d’attaques contre des installations pétrolières et gazières du Golfe, en réponse au bombardement par l’armée israélienne de son gisement gazier offshore de South Pars. Téhéran a également bloqué le détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures, sur fond de conflit ouvert avec Israël et les États-Unis débuté le 28 février.

Face à cette situation, QatarEnergy envisage d’invoquer la force majeure sur ses contrats à long terme pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans. Cette mesure juridique concernerait les livraisons de GNL destinées à l’Italie, la Belgique, la Corée du Sud et la Chine. Saad al-Kaabi a précisé qu’une déclaration de force majeure à plus court terme avait déjà été émise à la suite de premières frappes sur le centre de production de Ras Laffan, de nouveau visé mercredi. Il a par ailleurs conditionné tout redémarrage de la production à la cessation préalable des hostilités.

Le coût de construction des unités endommagées s’élève à près de 26 milliards de dollars. D’après le dirigeant qatari, l’ampleur des destructions ramène la région dix à vingt ans en arrière. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti jeudi sur le réseau social X que son pays ne ferait preuve d’« aucune retenue » si ses propres infrastructures étaient à nouveau ciblées. Il a affirmé que la réponse aux attaques israéliennes n’avait mobilisé qu’une fraction de la puissance iranienne, exigeant que toute fin des hostilités prenne en compte les dommages subis par les sites civils iraniens.

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