« Il n’y aura pas de paix sans nous » : Macron prévient ses alliés et ouvre un dossier confidentiel avec Berlin

Présent à la 62e Conférence de Munich sur la sécurité, le président français a tenu un discours offensif ce vendredi. Alors que les tractations diplomatiques autour du conflit ukrainien s’accélèrent, Emmanuel Macron a profité de cette tribune pour redéfinir les conditions de l’engagement occidental et esquisser un virage stratégique en matière de défense commune.

L’Europe refuse d’être spectatrice de son propre destin. C’est en substance le message délivré par le chef de l’État français, qui a martelé qu’il « n’y aura pas de paix sans les Européens ». Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, Emmanuel Macron exige que le Vieux Continent soit « pleinement associé » aux futures discussions, estimant que l’Europe est « concernée directement par l’après-guerre ».

Si un accord venait à être trouvé, les Européens devront, selon lui, « définir des règles de coexistence » avec la Russie. Une position qui vise à éviter un scénario où Washington et Moscou décideraient seuls de l’architecture de sécurité européenne.

Un soutien sous condition à la ligne américaine

Le président français a clarifié sa position vis-à-vis de la nouvelle administration américaine. Il a affirmé soutenir « Donald Trump dans sa volonté de paix en Ukraine », tout en posant un garde-fou : la nécessité de « rétablir un canal de communication transparent » avec le Kremlin, en stricte coordination avec les Ukrainiens et les Américains.

Pour Emmanuel Macron, la recherche de la paix ne signifie pas l’arrêt de la pression militaire. Il a plaidé pour une intensification des efforts contre la « flotte fantôme russe », notant que les sanctions actuelles ont déjà fait chuter les revenus de Moscou de 25 %. « La solution ne peut pas consister à céder aux exigences russes », a-t-il insisté, rappelant que les attaques contre les civils perdurent.

Le dossier nucléaire sur la table avec Berlin

Au-delà de l’Ukraine, c’est l’autonomie stratégique du continent qui est en jeu. Répondant implicitement aux critiques passées de l’administration américaine sur la faiblesse européenne, Macron a exhorté ses partenaires à ne plus être « une charge » mais une puissance respectée. « Tout le monde souhaite que nous soyons plus forts sur notre Défense, à part nos ennemis », a-t-il lancé.

Cette volonté de puissance se traduit par des actes concrets en coulisses. En marge de la conférence, le chancelier allemand Friedrich Merz a révélé avoir « entamé des discussions confidentielles » avec le président français concernant la dissuasion nucléaire européenne. La France, seule puissance nucléaire de l’UE après le Brexit, pourrait ainsi voir son rôle pivot renforcé.

Emmanuel Macron a également proposé d’engager des consultations sur une « réflexion stratégique de long terme », incluant le développement de capacités de frappes en profondeur et une régulation drastique des plateformes numériques pour contrer les « trolls et bots » étrangers.

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Un commentaire

  1. Il est regrettable que les causes psychologiques fondamentales de la guerre, telles que étudiées par Franz Jedlicka ces dernières années, ne soient pas abordées lors de cette conférence (Culture of Violence Index, Culture of Violence Scale).

    Olivier

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