Un revirement inattendu s’est produit jeudi devant les juridictions de Hong Kong. La cour d’appel a invalidé une décision de justice visant une figure de l’opposition, modifiant ainsi les perspectives de sa longue incarcération.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les juges ont annulé la condamnation pour fraude du magnat de la presse Jimmy Lai, âgé de 78 ans, ainsi que celle de Wong Wai-keung, un ancien cadre de son entreprise. Dans leur arrêt, les magistrats ont estimé que le juge de première instance avait commis une erreur d’appréciation.
Cette procédure spécifique remonte à 2022, année où Jimmy Lai avait écopé de cinq ans et neuf mois de prison pour ces charges. L’accusation affirmait qu’une société de conseil, utilisée à des fins personnelles par M. Lai, occupait des locaux loués par son média aujourd’hui fermé, Apple Daily. Les procureurs considéraient cette occupation comme une violation des termes du bail constituant une fraude. La cour d’appel a finalement tranché en affirmant que l’obligation de signaler cette entorse au contrat ne pouvait légalement être imputée aux deux prévenus.
L’annulation de cette peine ne signifie toutefois pas la libération de l’homme d’affaires. Jimmy Lai purge actuellement une autre condamnation de 20 ans de réclusion, prononcée en vertu de la loi sur la sécurité nationale pour collusion avec des forces étrangères et publication de documents séditieux. La décision rendue jeudi ne réduit que marginalement son temps total de détention, les peines n’étant confondues que sur une période de deux ans.
Le dossier continue de susciter des réactions diplomatiques. La famille de Jimmy Lai, qui possède la nationalité britannique, espère que le président des États-Unis, Donald Trump, abordera le sujet lors de son déplacement à Pékin. La Maison Blanche a confirmé que le président américain se rendra en Chine du 31 mars au 2 avril pour y rencontrer le dirigeant chinois Xi Jinping. Parallèlement, la cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, a officiellement réclamé la libération du septuagénaire pour des raisons humanitaires, tandis que les autorités chinoises et hongkongaises maintiennent que ces condamnations reflètent l’application stricte de l’État de droit.
Par ailleurs, dans un dossier distinct jugé le même jour, les tribunaux hongkongais ont prononcé une peine de huit mois de prison à l’encontre de Kwok Yin-sang, un homme de 69 ans. Il a été reconnu coupable d’avoir tenté de résilier la police d’assurance et de retirer les fonds appartenant à sa fille, Anna Kwok, une militante prodémocratie recherchée. Il s’agit de la première condamnation de ce type prononcée dans la ville pour tentative de gestion d’actifs financiers liés à une personne considérée comme en fuite par les autorités.