« Guerrier de la liberté d’expression » : le soutien d’un officiel américain à un militant britannique

Les couloirs des institutions fédérales à Washington ont récemment accueilli une figure clivante venue d’outre-Atlantique. Cette visite met en lumière les connexions grandissantes entre certains cercles de l’administration américaine et des mouvements activistes européens, autour de la thématique de la liberté d’expression.

Le militant britannique d’extrême droite Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, s’est rendu au département d’État américain lors d’un récent séjour à Washington. Sur le réseau social X, il a diffusé mercredi une photographie le montrant aux côtés d’un drapeau des États-Unis, affirmant y avoir été invité et accueilli par des représentants gouvernementaux ainsi que des sympathisants du mouvement Make America Great Again (MAGA).

Cette présence au sein de la diplomatie américaine a été confirmée par Joe Rittenhouse, conseiller principal au bureau des affaires consulaires du département d’État. Ce dernier a publié des clichés de la visite, qualifiant publiquement son hôte de « guerrier de la liberté d’expression ». Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le département d’État n’a pas répondu aux sollicitations de l’agence Reuters concernant l’objectif précis de cette rencontre ou l’identité des autres interlocuteurs présents. L’ambassade du Royaume-Uni à Washington n’a pas non plus donné suite aux demandes de commentaires.

Tommy Robinson est connu au Royaume-Uni pour sa rhétorique hostile à l’islam et ses multiples condamnations à des peines de prison. Il est également le cofondateur de l’English Defence League, un mouvement de protestation de rue aujourd’hui dissous. Devenu l’un des principaux visages de la campagne anti-migration dans son pays, il a organisé en septembre dernier à Londres un rassemblement ayant mobilisé environ 150 000 personnes. Au cours de son déplacement aux États-Unis, des publications sur les réseaux sociaux indiquent qu’il a également rencontré l’influenceur américain Jack Posobiec et enregistré une vidéo avec Randy Fine, un élu républicain de Floride coutumier des discours anti-musulmans.

Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique politique plus large. L’administration de Donald Trump a récemment intensifié son soutien aux militants d’extrême droite britanniques et européens, avançant la nécessité de protéger la liberté d’expression. En décembre, Washington avait accusé l’Europe de subir un « effacement civilisationnel » lié à ses politiques migratoires. Le vice-président américain JD Vance avait d’ailleurs critiqué les dirigeants européens lors de son premier voyage international l’année dernière, les accusant de réprimer les voix de l’extrême droite au détriment de leurs sociétés.

Les législations encadrant les discours diffèrent grandement entre les deux continents, le Royaume-Uni et l’Union européenne appliquant des règles plus strictes sur les discours de haine que les États-Unis. Tommy Robinson avait par exemple été banni de la plateforme Twitter en 2018, avant que son compte ne soit restauré en 2022 à la suite de l’acquisition du réseau social par Elon Musk.

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