Alors que les frappes mutuelles se poursuivent dans le cadre de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, une initiative diplomatique d’envergure prend forme en Asie du Sud. L’objectif de cette manœuvre régionale est de réunir les conditions nécessaires pour établir un canal de communication direct entre Washington et Téhéran.
Depuis dimanche, la capitale pakistanaise accueille des consultations de haut niveau réunissant les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et du Pakistan. Selon les informations de la chaîne Al Jazeera, cette rencontre à quatre vise à coordonner une position régionale commune pour favoriser une désescalade.
Le choix d’Islamabad résulte d’un ajustement stratégique. Initialement prévue à Ankara, la réunion a été délocalisée en raison de l’implication croissante du Pakistan comme messager principal entre les diplomaties américaine et iranienne. Une démarche de médiation qui a par ailleurs reçu le soutien explicite de la Chine.
Quelques heures avant l’ouverture des discussions, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est entretenu pendant 90 minutes avec le président iranien Masoud Pezeshkian. Lors de cet appel, le dirigeant iranien a mis en avant un profond déficit de confiance, rappelant que son pays avait été attaqué à deux reprises lors de précédentes négociations nucléaires avec les États-Unis. Il a également alerté sur les tentatives israéliennes d’élargir le conflit à d’autres pays de la région.
Pour surmonter ce scepticisme, Téhéran a fait parvenir une réponse formelle à une proposition américaine, via les canaux pakistanais. Ce document conditionne l’ouverture d’un dialogue à quatre exigences précises : l’arrêt des hostilités, le paiement de réparations pour les dommages subis, des garanties contre de futures attaques, et la reconnaissance de l’influence stratégique iranienne dans le détroit d’Ormuz. Un diplomate a précisé à Al Jazeera qu’une annonce de pause temporaire des frappes par Washington constituerait une mesure de confiance minimale requise par Téhéran.
Si ces préalables trouvent un écho favorable, des pourparlers directs pourraient s’organiser sous quelques jours, potentiellement sur le sol pakistanais. Côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio ou le vice-président JD Vance sont pressentis pour échanger avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Une source pakistanaise de haut rang a confirmé à Al Jazeera que les demandes de Washington et de Téhéran ont été transmises par Islamabad, marquant ainsi la limite du rôle du Pakistan dans ce processus. Les prochaines 48 à 72 heures détermineront si cette phase de préparation, à laquelle ne participent actuellement ni responsables américains ni iraniens, aboutira à une rencontre bilatérale.