La Russie vient d’amorcer une nouvelle phase majeure dans son offensive militaire, marquée par une vague de frappes aériennes d’une rare intensité. Alors que les forces russes intensifient la pression sur la ligne de front, les autorités ukrainiennes font face à des défis logistiques et diplomatiques complexes.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’armée russe a lancé 948 drones en l’espace de 24 heures. Ce déploiement massif, accompagné d’un mouvement de troupes et d’équipements lourds vers la ligne de front, marque le début d’une nouvelle offensive printanière. Fait inhabituel souligné par les autorités, cette attaque a été menée en plein jour. Les responsables régionaux font état de deux morts dans la ville d’Ivano-Frankivsk, à l’ouest du pays, et d’une victime dans la région de Vinnytsia. Ces frappes diurnes font suite à des bombardements nocturnes ayant touché onze régions et causé la mort de cinq autres personnes, notamment à Poltava, Zaporijjia, Kherson et Kharkiv.
Les zones urbaines denses ont été directement ciblées. À Lviv, des images diffusées en ligne montrent un drone s’écrasant sur un bâtiment ancien situé dans le centre historique. Le gouverneur Maksym Kozytskyi a confirmé que le périmètre de l’église Saint-André, un édifice du 17e siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a subi des dommages. La Première ministre Ioulia Svyrydenko a réagi en dénonçant des attaques visant un centre-ville bondé.
Face à cette recrudescence des hostilités, le président Volodymyr Zelensky a lancé un appel pressant à ses alliés pour obtenir des munitions de défense antiaérienne. Toutefois, la dynamique géopolitique actuelle fragilise la position de Kiev. L’Ukraine, qui s’appuie fortement sur les systèmes américains pour contrer les missiles balistiques russes, craint une pénurie imminente. L’attention et les ressources de Washington sont en effet largement détournées par la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
En parallèle, les garanties diplomatiques tardent à se concrétiser. À l’issue de pourparlers entamés samedi en Floride, le chef de l’État ukrainien a reconnu que l’accord de sécurité, qu’il annonçait pourtant comme « prêt à 100 % » en janvier dernier, n’a toujours pas abouti. Ce document stratégique est censé assurer l’intervention des États-Unis et de leurs alliés en cas de nouvelle attaque russe après la fin du conflit actuel.
Sur le terrain, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) corrobore les rapports ukrainiens concernant le démarrage de cette nouvelle offensive. Le général Oleksandr Syrsky, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, a précisé que les troupes russes ont mené 619 attaques en quatre jours, tentant des percées simultanées sur plusieurs axes stratégiques. En réponse, l’état-major ukrainien a procédé au déploiement de renforts pour consolider ses lignes défensives.