Au quinzième jour des hostilités, la République islamique d’Iran fait face à une nouvelle série d’attaques sur son territoire. Samedi, des frappes ont visé plusieurs cibles stratégiques et civiles, marquant une nouvelle étape dans l’escalade militaire qui secoue la région.
Selon les informations diffusées par Al Jazeera, une frappe de missile a touché une zone industrielle de la ville d’Ispahan, dans le centre du pays. L’attaque, survenue un jour ouvrable, a visé une usine de fabrication d’équipements de chauffage et de refroidissement. Au moins 15 personnes ont perdu la vie, les ouvriers se trouvant à l’intérieur du bâtiment au moment de l’impact. L’agence de presse semi-officielle Fars a imputé cette opération aux forces américaines et israéliennes.
Dans le même temps, l’armée iranienne a officialisé la mort du général de brigade Abdullah Jalali-Nasab, tué lors d’une attaque israélienne. Les opérations militaires se sont également étendues aux infrastructures énergétiques. Les forces américaines ont ciblé l’île de Kharg, un point névralgique par lequel transitent environ 90 % des exportations de brut iranien. Un responsable régional a toutefois précisé que les activités se poursuivaient normalement sur le site, sans faire de victimes. Le président Donald Trump avait précédemment menacé de frapper ces installations si Téhéran continuait de perturber le détroit d’Ormuz.
Depuis le début de cette vague d’attaques israélo-américaines le 28 février, le ministère iranien de la Santé recense au moins 1 444 morts et plus de 18 500 blessés. Les dégâts matériels touchent aussi le patrimoine historique. Le ministère de la Culture a documenté 56 musées et sites endommagés, dont la place Naqsh-e Jahan à Ispahan et le palais du Golestan à Téhéran, suscitant la vive préoccupation de l’UNESCO. Le 8 mars dernier, des bombardements avaient déjà endommagé le consulat de Russie à Ispahan.
Sur le plan diplomatique, les perspectives de trêve sont au point mort. L’administration de Donald Trump a rejeté les efforts de médiation régionale. Un haut responsable de la Maison Blanche a indiqué à l’agence Reuters que Washington n’était pas intéressé par des négociations dans l’immédiat et comptait poursuivre sa mission. De son côté, Téhéran exclut tout dialogue sous le feu des bombes. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé les pays voisins à expulser les forces étrangères, tandis que le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé que la guerre entrait dans une phase décisive.
En riposte, l’Iran a lancé samedi de nouvelles salves de missiles en direction d’Israël. Des journalistes de l’AFP ont fait état d’explosions audibles au-dessus de Jérusalem. L’armée israélienne a comptabilisé six vagues de tirs, précisant que certains missiles transportaient des armes à sous-munitions. À Eilat, l’impact de l’une de ces sous-munitions a fait trois blessés, dont un garçon de 12 ans.