Dans le cadre des opérations militaires en cours au Moyen-Orient, le dispositif stratégique américain connaît un renforcement significatif en Europe. Un allié historique de Washington vient de modifier sa position initiale pour autoriser l’utilisation de ses bases militaires, ajustant ainsi la logistique de la coalition face à Téhéran.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, trois bombardiers B-52 supplémentaires ont atterri à la base de la Royal Air Force (RAF) de Fairford, située dans le sud-ouest de l’Angleterre. Ces appareils de l’US Air Force, capables de transporter jusqu’à 31 751 kilogrammes d’armes mixtes et de lancer des missiles à plus de 1 500 milles de distance, rejoignent une flotte américaine déjà prépositionnée. Un bombardier B-1 Lancer était en effet arrivé sur cette même base vendredi soir, suivi de deux autres le lendemain. Il s’agit du premier déploiement de B-52 sur le sol britannique depuis le début de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
Ce mouvement militaire découle d’une décision du Premier ministre britannique, Keir Starmer, qui a officiellement autorisé les forces américaines à utiliser les installations de RAF Fairford ainsi que la base de Diego Garcia. Ce feu vert marque un revirement stratégique : le chef du gouvernement avait initialement rejeté la demande américaine, une fin de non-recevoir qui avait suscité un désaccord avec le président Donald Trump.
Dans une déclaration vidéo diffusée dimanche, Keir Starmer a justifié cette nouvelle posture par le principe de « légitime défense collective » et la nécessité de protéger les ressortissants britanniques, accusant au passage l’Iran de déployer une « stratégie de la terre brûlée ». Devant le Parlement, le Premier ministre a néanmoins tenu à nuancer la portée politique de cet appui logistique, affirmant que son gouvernement « ne croit pas au changement de régime depuis les airs ».
Sur le théâtre des opérations, les affrontements maintiennent un niveau d’intensité élevé. Depuis le 28 février, les autorités iraniennes recensent environ 1 300 morts et plus de 10 000 blessés à la suite des différentes frappes américaines et israéliennes. En riposte, Téhéran a multiplié les attaques de drones et de missiles en direction d’Israël, mais également vers la Jordanie, l’Irak et plusieurs pays du Golfe qui abritent des forces américaines.