L’armée israélienne intensifie son offensive terrestre dans le sud du Liban, ignorant les récentes mises en garde internationales. Cette manœuvre, qui aggrave une situation humanitaire déjà critique, déclenche une nouvelle procédure diplomatique de la part des autorités libanaises.
Le commandement militaire israélien a officialisé l’envoi de la division 162 dans le sud du Liban. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces troupes rejoignent deux autres divisions déjà actives sur le terrain. L’objectif déclaré par le Premier ministre Benjamin Netanyahu est d’élargir la « zone tampon » afin de repousser la menace des tirs de missiles du Hezbollah.
Cette progression s’inscrit dans le prolongement des affrontements qui se sont intensifiés début mars, suite aux salves de roquettes du Hezbollah tirées en réponse à l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 28 février dernier, dans le cadre de la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Les conséquences sur les populations civiles sont massives. Le ministère libanais de la Santé fait état d’au moins 1 116 morts et 3 229 blessés. L’Organisation des Nations Unies recense plus de 1,2 million de personnes contraintes de quitter leurs foyers depuis début mars. De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé que les citoyens libanais du sud ne pourraient regagner leurs domiciles tant que la sécurité du nord d’Israël ne serait pas garantie.
Face à cette expansion territoriale, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a échangé au téléphone avec le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Qualifiant la situation d’une « extrême gravité » menaçant la souveraineté du Liban, le gouvernement a annoncé le dépôt d’une plainte officielle devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour exiger la fin de ces violations. En parallèle, Amnesty International a alerté sur l’ampleur des destructions d’infrastructures civiles dans le sud du pays, redoutant un scénario similaire à celui observé dans la bande de Gaza.
Sur le terrain, la confrontation militaire se durcit. Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a promis de poursuivre les combats « sans limites ». Jeudi, le groupe armé a revendiqué plus de 45 opérations, ciblant notamment des troupes et des véhicules blindés, dont deux chars Merkava dans la ville frontalière de Deir Siryan. Les autorités israéliennes ont confirmé la mort d’un soldat et fait état de quatre blessés lors d’un incident dans le sud du Liban, ainsi que le décès d’une personne dans la ville côtière de Nahariya à la suite d’une attaque à la roquette.