La tension monte d’un cran au Moyen-Orient avec une série d’attaques aériennes simultanées visant plusieurs pays du Golfe. Dans le sillage du conflit opposant les États-Unis, Israël et Téhéran, ces nouvelles offensives ont fait des victimes et perturbé les infrastructures énergétiques stratégiques de la région.
Une femme de 29 ans a perdu la vie et huit autres personnes ont été blessées lors de la destruction d’un immeuble résidentiel à Manama, la capitale de Bahreïn. Selon les informations diffusées par Al Jazeera, le ministère bahreïni de l’Intérieur a confirmé ce bilan ce mardi. La veille, deux personnes, dont des enfants, avaient déjà été touchées lors d’une attaque de drones sur l’île de Sitra. Les forces de défense de Bahreïn ont fermement condamné ces actes, annonçant avoir intercepté 102 missiles et 173 drones lancés par Téhéran au cours de cette offensive.
Les frappes se sont étendues à l’ensemble de la péninsule. Aux Émirats arabes unis, qui ont récemment publié une mise au point stricte concernant leur position dans le conflit, les sirènes d’alerte aux missiles ont retenti à Dubaï mardi matin. En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a détruit deux drones au-dessus de sa région orientale, tandis que la Garde nationale du Koweït a abattu six appareils. Le Qatar a également été ciblé : 17 missiles balistiques et sept drones y ont été interceptés au cours des dernières 24 heures, forçant le pays à suspendre une partie de sa production.
Ces attaques visent spécifiquement les installations pétrolières et gazières. La compagnie bahreïnie Bapco a déclaré un cas de force majeure, se trouvant dans l’incapacité d’honorer ses contrats de livraison. En Arabie saoudite, le champ pétrolier de Shaybah, qui produit un million de barils par jour, a subi des frappes massives de drones. Conséquence directe sur les marchés, le baril de Brent a frôlé les 120 dollars avant de se stabiliser autour de 90 dollars, marquant une hausse de 24 % depuis le début des hostilités le 28 février. Parallèlement, l’Iran bloque les navires dans le détroit d’Ormuz, voie de transit incontournable pour 20 % du pétrole mondial.
Sur le plan diplomatique et militaire, le président américain Donald Trump a qualifié la guerre américano-israélienne contre l’Iran de « courte excursion » lors d’un échange avec des élus républicains lundi soir. Il a par la suite durci le ton sur les réseaux sociaux, menaçant de frapper l’Iran « vingt fois plus fort » si Téhéran continuait d’entraver la circulation dans le détroit d’Ormuz. Une déclaration à laquelle Ali Mohammad Naini, porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique, a répondu via les médias d’État iraniens en affirmant que c’est l’Iran qui « déterminera quand la guerre prendra fin ».